Lors de son intervention télévisée jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a cri­tiqué la promesse de 60.000 recrutements d’enseignants du can­di­dat PS à la présidentielle, François Hollande. « Quand j’entends dire qu’il faut embau­cher 60.000 ensei­gnants de plus : mais où est-ce qu’on va trou­ver l’argent ? », s’est inter­rogé le chef de l’Etat. Selon le président, « la seule politique possible » consiste en « moins d’enseignants, mieux payés, mieux for­més, mieux consi­dé­rés, mieux respectés ».

Plusieurs membres de l’UMP ont lancé des attaques similaires au cours des derniers jours. Luc Chatel a notamment affirmé à l’AFP que François Hollande « navigue entre men­songe et incom­pé­tence » lorsqu’il évalue à 2,5 mil­liards d’euros le coût de cette mesure pendant son quinquennat. Selon le ministre de l’Education, la créa­tion de 12.000 postes par an sur cinq ans coûterait « 500 mil­lions d’euros la pre­mière année, 1 mil­liard la deuxième année, 1,5 mil­liard la troi­sième année, 2 mil­liards la qua­trième année et 2,5 mil­liards la der­nière année », soit un total de « 7,5 mil­liards d’euros ».

L’ex-ministre du Travail Brice Hortefeux a rappelé dans un entretien accordé au Figaro de samedi que « recruter un enseignant, ce n’est pas pour cinq ans mais pour une carrière entière et pour sa retraite ». Pour Valérie Pécresse, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, prendre en compte l’ensemble de la carrière et la retraite de ces nouveaux fonctionnaires « porte le coût de la proposition socialiste à largement plus de 100 milliards d’euros sur les cinquante prochaines années ».

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand, a lui estimé dans un entretien accordé au Parisien de dimanche que le candidat socialiste « a menti » et qu’« aujourd’hui lui et ses amis sont très embarrassés par cette promesse inconsidérée ». Tandis que le Figaro de vendredi affirme que « non seulement il n’y a pas assez d’argent pour [créer ces postes] mais en plus il n’y a pas non plus assez de candidats pour les pourvoir ».

François Hollande a maintenu vendredi sur France 2 son estimation de 2,5 milliards d’euros. Il a opposé ce chiffre aux « 75 mil­liards d’euros de cadeaux fis­caux » de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat.