Hors-Série : la Gentillesse à l’école (1/3) « Cette année, nous voulons aider les enseignants »

Depuis deux ans, chaque 13 novembre, Psychologies Magazine organise la Journée de la gentillesse, pour réhabiliter cette valeur. Pour sa troisième édition, la journée vise plus particulièrement l'entreprise et l'école. Arnaud de Saint Simon est directeur du magazine.

Quel bilan tirez-vous des deux premières éditions ?

Le bilan est extrêmement positif. Sur un thème initialement un peu controversé, dont on a besoin mais qui suscite également pas mal de réserves, nous avons rencontré un immense succès, autant public que médiatique. Nous avons suscité un intérêt, et même une adhésion, qui vont bien au-delà du simple lectorat de Psychologies Magazine, et bénéficié de dizaines de passages en radio et en télévision. Finalement, nous avons créé de toutes pièces une véritable journée nationale, ce qui n’est quand même pas rien !

Pourquoi avoir fait de l’école l’une de vos cibles privilégiées ?

Sans vouloir noircir le tableau, car tout va bien dans beaucoup d’écoles, les incivilités, les conflits et la brutalité sont malgré tout quotidiens dans énormément d’établissements. Nous avons choisi de travailler sur le primaire, car beaucoup de profs disent, hélas, que dans le second degré, c’est déjà trop tard ! En outre, il est plus difficile d’y aborder des sujets comme la gentillesse. Dans le primaire, les enfants sont sans doute plus à l’écoute, plus malléables, et les parents plus inquiets. L’an dernier, nous avions posé la question de la gentillesse à l’école et des difficultés rencontrées par les enseignants. Cette année nous avons souhaité aller plus loin, pour leur faciliter le travail ou, en tout cas, leur apporter une aide concrète.

Psychologies Magazine

Le numéro de novembre, en kiosques, comprend un dossier spécial Journée de la Gentillesse.
VousNousIls est partenaire de cette Journée et lance un appel aux enseignants souhaitant parler de la gentillesse.

Sous quelle forme ?

Avec l’aide de spécialistes, d’écoles pilotes, d’auteurs, nous avons mis en place un dispositif destiné à synthétiser la dizaine d’idées qui fonctionnent le mieux, pour aider les enseignants à travailler sur le sujet avec leurs élèves : charte, jeux de rôles, exercices, débats… Nous avons donc regroupé ces idées dans un kit scolaire. Nous nous sommes également rapprochés de Dominique de Saint Mars, dont le nouveau livre s’intitule « Max et Lili veulent gagner le prix de la gentillesse ». Finalement, ce que nous aimerions dans les mois à venir, c’est pouvoir proposer à l’Éducation nationale de généraliser le travail que nous avons fait.

Avez-vous le sentiment d’avoir contribué à la réhabilitation de la gentillesse ?

Tout à fait. Depuis deux ans, beaucoup de gens ont réfléchi sur cette notion, ce qui n’était absolument pas le cas auparavant. Le philosophe Emmanuel Jaffelin a écrit un « Éloge de la gentillesse » ; Matthieu Ricard nous a accordé un long entretien sur ce thème ; Jeremy Rifkin, l’un des plus grands économistes de la planète, a théorisé sur l’empathie… Les sondages, les bouquins, les colloques consacrent le retour en grâce de la gentillesse. Même les politiques s’y mettent. Dans un portrait de François Hollande pour Libération, Jean-Pierre Bel, le nouveau président du Sénat, dit de lui qu’il est un « garçon d’une gentillesse étonnante, sachant que pour moi gentillesse ne signifie pas faiblesse ». Qui aurait pu imaginer de tels propos il y a quelques années ? Cela dit, dans le dossier publié par le magazine figure un article intitulé « Sois gentil… mais pas trop », car il ne s’agit pas d’inciter les gens à se laisser marcher sur les pieds, mais de cultiver l’ouverture à l’autre et la résolution de conflits.

Finalement, dans une société que l’on dit de plus en plus individualiste, ce succès constitue quand même une bonne nouvelle…

Depuis la première journée, l’idée de promouvoir la gentillesse a fait son chemin Dans une société individualiste, axée sur la compétition, la Fête des voisins qui s’exporte désormais dans 35 pays, les sites d’échange de maison, de partage de voiture, les forums d’entraide psychologique, sont effectivement autant de bonnes nouvelles. La crise de 2009 et celle que nous traversons encore aujourd’hui ont renforcé le besoin de lien et de solidarité. Car on ne peut pas être heureux dans la vie, si on n’est pas entouré d’un minimum de gentillesse et de bienveillance. Il n’y a donc aucune raison, et c’est tout le thème de cette journée, de trouver ce mot un peu ringard ou « bisounours ».

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