Plusieurs syndicats de l’éducation s’inquiètent du faible taux de participation aux élections professionnelles, organisées du 13 au 20 octobre. Plus d’un million d’agents, dont 860.000 enseignants, sont en effet appelés à élire leurs représentants. Pour la première fois, le scrutin, habituellement organisé sur une journée dans les établissements, se déroule sur Internet.

 Selon Sébastien Sihr, le secrétaire général du SNUipp-FSU, le premier syndicat du primaire, « lundi à 08H00, seuls 21% des professeurs des écoles avaient participé au vote », très loin du taux moyen de participation habituel (60%). A la mi-journée, son homologue du SE-Unsa, Christian Chevalier, annonçait un taux comparable (20%) au comité technique ministériel, l’instance qui va déterminer la représentativité syndicale.

 Les responsables syndicaux expliquent cette désaffection par les difficultés liées aux nouvelles modalités du vote électronique. Les personnels devaient en effet recevoir de leur chef d’établissement, avant le 28 septembre, une « notice de vote » comprenant leur identifiant et le rappel de leur Numen (Numéro d’identification Education nationale). Muni de ces éléments et de leur numéro de sécurité sociale, les agents doivent se connecter sur un site du ministère pour obtenir un mot de passe, qui leur est envoyé par mail.

 Mais, d’après Sébastien Sihr, à une semaine de l’ouverture du scrutin, « seuls 12,5% des enseignants avaient récupéré leur mot de passe ». Les syndicats évoquent également des problèmes de connexion informatique. Si pour Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, « ces problèmes restent limités », selon Patrick Désiré, de CGT Educ’Action, des « dizaines de milliers de personnels ne sont pas dans des conditions normales de vote ». Les syndicats redoutent l’interprétation politique qui pourrait être faite par le ministère d’une chute de la participation.