Guy Georges : « un enfant nul, ça n’existe pas »

Guy Georges présentait ce matin dans les locaux de la CASDEN son livre " i majuscule comme Instituteur" (éditions Bruno Leprince), préfacé par Hubert Montagner. Synthèse.

Pourquoi ce livre ? Pour Guy Georges (1), la politique menée depuis 60 ans détruit l’école publique. Il fait partie de la génération des instituteurs formés dans les écoles normales réouvertes juste après la guerre en 1945. Elles avaient été fermées par le régime de Vichy, et pour ces enseignants, il fallait reconstruire la République au travers de l’école.

Aujourd’hui, l’école de la République est menacée. L’ascenseur social est en panne, les préceptes de l’école fondamentale initiée dans les années 70 par Guy Georges et le SNI sont plus que jamais mis à mal, et pourtant, affirme Guy Georges, l’enfant doit être au cœur de tout.

Pour lui, « un enfant nul, ça n’existe pas ». Alors que l’école est de plus en plus sélective, que l’on projette d’évaluer les enfants dès 5 ans, ces paroles résonnent fort. Il retrace dans son livre l’histoire de l’école fondamentale, de ses idées, et aussi de son échec, faute de soutien politique. ( Pour lire un résumé de l’histoire de l’école fondamentale et du SNI, voir ce texte « Du SNI au SE » par Jean-Claude Barbarant ancien secrétaire général du SNIPEGC puis du SE )

Un appel, à l’approche des présidentielles

Si ce livre sort maintenant, à l’approche de l’élection présidentielle, ce n’est pas un hasard : il est un véritable appel à refonder l’école de la République, à sortir de l’école inégalitaire d’aujourd’hui, indique Guy Georges.

Il rappelle dans son ouvrage certains des grands principes de l’école fondamentale, auxquels il serait bon de se référer aujourd’hui :

-L’absence de rupture : de la maternelle à l’école élémentaire, de l’école élémentaire au collège, ces ruptures étant particulièrement néfastes aux élèves en difficulté.

-La prise en compte de la spécificité de chaque enfant, et donc la nécessaire individualisation des parcours scolaires. Hubert Montagner juge ainsi qu’il est absurde de pouvoir penser qu’ »à un âge donné, tous les enfants soient au même stade ».

-La détection précoce des handicaps : si un élève est malentendant ou malvoyant, il aura des difficultés scolaires. Il faut l’aider le plus vite possible.

Enfin, complète Hubert Montagner, il ne faut pas oublier « l’unité de temps », qui signifie tenir compte pour chaque élève de son temps hors scolaire. Un élève existe aussi en dehors de la classe, et dans la vie familiale, il peut se heurter à de graves carences affectives, qui créeront chez lui une « insécurité affective ». Si à cette insécurité vient s’ajouter l’insécurité scolaire, le sentiment d’être « nul » à l’école, il risque de sombrer.

Une école « flexible »

Guy Georges propose donc une école « flexible », capable de s’adapter à chaque élève. Une école diamétralement opposée à un système où l’on évalue sans cesse, où l’on met en compétition, où l’on ne récompense que les meilleurs.

Si l’on se réfère à l’international, le modèle par exemple du « No child left behind » aux Etats-Unis, basé sur l’évaluation permanente des élèves, est un échec, de l’avis même de ceux qui l’ont initié, indique précisément le livre.

Inversement, la Finlande, où chaque élève progresse à son rythme, où les élèves n’ont pas de notes jusqu’en fin de collège, a l’une des meilleures écoles au monde.

Enfin, souligne Guy Georges, il n’existe pas d’enseignement privé en Finlande. Le pays met toute sa confiance dans son école publique laïque, dans ses élèves et dans ses enseignants. A méditer…

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