Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire, n’a pas tardé à réagir concernant le protocole d’évaluation des élèves en dernière année de maternelle dévoilé par la presse cette semaine. Le DGESCO a notamment rappelé qu’il ne s’agissait que d’un document de travail daté d’août, destinée à être retravaillé avant sa publication officielle prévue pour novembre. Les termes polémiques d’« entraînement » ou d’enfants à « risque », notamment, ne seraient que des traductions littérales de termes anglais issus de travaux de recherche ou d’études de l’OCDE sur la question, qui n’ont pas la même connotation anxiogène dans leur langue d’origine.

Il se défend de toute intention de « fichage » des élèves à l’aide de ce dispositif, et affirme qu’il n’y aura pas de remontées nationales, que les résultats resteront au niveau de l’école. « Il s’agit uniquement d’un outil à disposition des maîtres, destiné à les aider dans un travail que, par ailleurs, ils font déjà : repérer des difficultés pour y répondre au plus tôt », explique Jean-Michel Blanquer. Cette évaluation par l’enseignant sur plusieurs mois permettrait selon lui une définition « plus fine » des troubles de l’apprentissage : « Alors qu’aujourd’hui 10 % des enfants d’une classe d’âge sont jugés dysphasiques, dyspraxiques, ou dyslexiques, seuls 5 % présenteraient réellement ces troubles ».

Des fiches élèves, à l’intérieur du livret d’évaluation, fixent les critères qui permettent d’évaluer la conscience phonologique (conscience des syllabes), la maîtrise du langage, ou encore la motricité de l’enfant. Mais aussi, son comportement à l’école, un aspect de l’évaluation qui est plus dur à justifier. Si l’élève « a généralement du mal à fixer son attention » et qu’il ne joue pas avec les autres dans la cour, il obtiendra par exemple un score de 2 ou moins sur un total de 5, et son comportement sera jugé à « haut risque ».

Les syndicats enseignants continuent à exiger le retrait de ce projet, de même que la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, qui le considère « directement inspiré du rapport Bénisti ». Ce rapport sur la prévention de la délinquance, rédigé en 2004 par une commission parlementaire, proposait de signaler les enfants dès leur plus jeune âge lorsqu’ils avaient des problèmes de comportement.