Maternelle : évaluation des élèves « à risque » dès 5 ans

Le ministère de l'Education nationale a pour projet d'identifier les élèves présentant des difficultés d'apprentissage ou de comportement dès la maternelle.

Le ministère de l’Education nationale envisage de mettre en place à partir de novembre une évaluation du comportement et des capacités d’apprentissage des élèves de maternelle, dès l’âge de cinq ans. Elle viserait à identifier les élèves « à risque », afin de lutter précocement contre l’échec scolaire. Le dispositif, présenté hier aux inspecteurs du primaire, serait mis à la disposition des enseignants mais resterait facultatif.

L’évaluation se déroulerait en trois phases. Une première phase de « repérage » entre novembre et décembre porterait sur « le comportement à l’école, le langage, la motricité et la conscience phonologique » des élèves. Certains de ces tests s’apparentent à un bilan médical, sans l’aspect confidentiel. Les élèves seraient alors classés en trois catégories : « RAS » (rien à signaler), « risque » et « haut risque ». La deuxième phase consisterait en « un entraînement progressif conduit par les enseignants avec les enfants repérés « à risque » lors de la première phase ».

La troisième phase, entre mai et juin, dresserait le bilan des acquis lors de « trois séries d’épreuves collectives ou en petit groupe (…) et deux séries d’épreuves individuelles ». Ces épreuves évalueraient notamment « la compréhension de consignes », « la maîtrise du vocabulaire », « la qualité de la production orale » et « la connaissance des nombres ». Des fiches « devenir élève » à remplir par l’enseignant porteraient sur les capacités de l’enfant à « respecter les autres et respecter les règles de vie commune », ce qui n’est pas sans rappeler la proposition faite en 2010 par le secrétaire d’Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, de repérer les troubles du comportement dès 3 ans.

Les parents d’élèves et les syndicats enseignants réclament l’abandon de ce projet. Le SE-Unsa refuse cet « étiquetage », et rappelle que les enseignants de maternelle savent identifier « les enfants qui ont besoin d’accompagnement particulier », sans l’aide « d’un dispositif inadapté et pernicieux ». Le syndicat a lancé une pétition en ligne « Pas de tri en maternelle ».

Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, appelle « le ministre à revenir à la raison », affirmant que « la maternelle n’est pas un lieu de compétition, de tri et de sélection ». Le Sgen-CFDT s’indigne de ce projet « absurde, contre-productif, et pour tout dire un peu effrayant ». Pour la FCPE, première fédération de parents d’élèves, « on colle une étiquette extrêmement anxiogène sur des enfants ».

Source(s) :
  • AFP, lemonde.fr, liberation.fr, se-unsa.org, cfdt.fr, fcpe.asso.fr

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