Au regard des derniers chiffres du portail Admission post bac (1), la licence universitaire est  largement plébiscitée. Un bilan récent montre que les choix de préinscriptions des lycéens en licence ont augmenté de 35 % entre 2009 et 2011. Mise à l’honneur du colloque annuel des présidents d’universités en mai dernier, et trois ans après le plan « Réussite en licence », c’est Laurent Wauquiez qui, depuis juillet, prend le relais et publie au coeur de l’été l’arrêté qui définit la « nouvelle licence ».

Au programme de ce nouvel arrêté : la mise en place de référentiels de compétences, l’instauration d’un socle horaire de 1 500 heures d’enseignement, la possibilité de faire un stage dans tous les cursus, l’harmonisation des modalités de contrôle des connaissances et notamment l’interdiction des notes éliminatoires.

« Ne pas déshabiller Pierre pour habiller Jacques »

A l’université pluridisciplinaire du Havre, seules quelques formations oscillent entre les 1450 et 1500 heures d’enseignements en cycle licence. Pour ces dernières, « des modules d’aide à la réussite des étudiants pourront être ajoutés pour compléter les formations, sans toutefois diminuer le nombre d’heures disciplinaires », illustre Camille Galap, président de l’université et président de la commission Vie étudiante à la CPU. L’université a aussi travaillé, dès cette année, à la mise en place du contrôle continu intégral dans l’UFR Sciences et techniques, et a revu son calendrier universitaire pour permettre une deuxième session en juin, et non plus en septembre.

Si l’université du Havre n’aura vraisemblablement que « quelques ajustements à faire pour respecter le nouvel arrêté », ce ne sera pas le cas des universités et des filières de lettres et sciences humaines, traditionnellement un peu en dessous du seuil des 1 500 heures, et pour lesquelles la CPU craint des difficultés de financement. Un point sur lequel Camille Galap est ferme: « le ministère ne peut pas nous demander de procéder à un rééquilibrage des heures d’enseignements entre les formations. Ce serait comme déshabiller Pierre pour habiller Jacques ». Une vision partagée par les deux syndicats Snesup et Sgen, qui plaident pour un large plan de financement afin d’accompagner les nouvelles mesures.

Compensation annuelle : la « bataille » de Lille-II

Seuls satisfaits les étudiants, et plus particulièrement l’Unef. L’organisation étudiante se réjouit des nouvelles modalités de contrôle des connaissances, qui entrent théoriquement en vigueur dès la rentrée 2011. Président de l’Unef Lille et étudiant en 2e année d’économie à Lille-I, Yannis fustige pourtant l’attitude des universités lilloises. Si Lille-I a dû réintroduire la compensation annuelle en L2 et L3, la plus « grosse bataille » s’est tenue à Lille-II. « L’an dernier, Lille-II a supprimé la compensation annuelle, tout en appliquant un rattrapage au rabais uniquement pour certaines options à faible coefficient », explique Yannis. Une pétition de quelque 3000 signatures et un arrêté plus tard, la compensation annuelle a été réintroduite pour les trois années de licence en conseil d’administration le 28 septembre dernier.

En tout état de cause, il reste encore une année avant l’application complète de l’arrêté dont la majeure partie des mesures sera effective à la rentrée 2012. Il y a fort à parier que les étudiants resteront, d’ici là, au coeur des préoccupations de Laurent Wauquiez, à quelques mois des prochaines élections présidentielles.

Morgane Taquet