Il s’agissait de la quatrième édition de cette manifestation organisée par l’Association de la fondation étudiante pour la ville qui regroupe 7 000 étudiants accompagnant autant d’enfants dans leur parcours scolaire. A cette occasion, l’Afev a publié comme chaque année « un baromètre annuel du rapport à l’école des enfants de quartiers populaires », auquel elle a associé pour la première fois une grande enquête sur le rapport entre les « familles de quartiers populaires et l’école ».

Selon l’édition 2011 du baromètre, 73 % des élèves interrogés issus de quartiers populaires n’aiment pas aller à l’école, pour eux « synonyme d’ennui et d’incompréhension ». Du côté des parents, les résultats ne sont guère plus élogieux. « Si ces derniers affirment respecter l’institution scolaire, ils ne la comprennent pas toujours. » Plus grave, certaines familles se sentent totalement démunies face aux exigences scolaires. Ainsi, « 24 % des parents ne se sentent pas capables d’aider leurs enfants et 43 % ne peuvent les aider qu’un peu ». Résultat : plus de la moitié des parents (59 % ) ressentent les devoirs comme un moment difficile. « 30,2 % reconnaissent ne pas les comprendre ou avoir peur de se tromper. » Près de « 16 % ne savent pas lire ou écrire le français et ne se sentent pas capables d’aider leurs enfants ».

Pour « changer l’école », ces familles mettent en tête trois priorités: « permettre aux enfants plus faibles de réussir » (40,8 %), « qu’il y ait moins de tensions entre élèves » (39,5 %) et « savoir mieux aider mon enfant » (37,1 %). L’association préconise, quant à elle : « un rapport plus détendu, plus positif aux apprentissages qui permettrait aux élèves de s’intégrer plus rapidement et d’avoir plus confiance en eux ». Pour Christophe Paris, délégué général de l’Afev : « La France a une tradition historique tournée vers la sélection des élites qu’il faut faire évoluer ».