Une petite révolution a agité le système éducatif anglais en cette rentrée 2011 : l’ouverture des 24 free schools annoncée il y a quelques mois par le gouvernement Cameron. Le principe des free schools ou « écoles libres » est d’offrir la possibilité à tout individu, parent, enseignant ou entreprise privée, de fonder une école et d’en déterminer les règles. Ainsi, le créateur d’une free school est libre de choisir les enseignements dispensés, les professeurs (formés ou non), leurs salaires et leurs emplois du temps.

Parmi les free schools  ouvertes à la rentrée 2011, citons par exemple un établissement inspiré des écoles traditionnelles, où l’on enseigne la courtoisie et le latin. La discipline y est digne des plus strictes écoles privées : port de l’uniforme obligatoire et longueur des cheveux règlementée ! On trouve également une école d’inspiration hindoue, avec cours de yoga et de méditation.

Si n’importe qui peut postuler pour l’ouverture d’une free school, le projet doit être approuvé par le ministère de l’Education, qui apportera ensuite les financements, les free schools étant totalement gratuites pour les élèves. Près de 300 dossiers ont déjà été déposés pour la rentrée 2012.

Malgré les contrôles réguliers du gouvernement, les free schools divisent l’opinion outre-Atlantique. L’annonce de leur ouverture il y a quelques mois avait déjà suscité la colère des syndicats enseignants et des parents d’élèves, qui craignaient notamment la multiplication des projets d’inspiration religieuse.

Certains dénoncent aussi un accroissement de la compétition au sein du système éducatif au détriment des écoles déjà existantes. Pour Fiona Millar, blogueuse spécialisée éducation, le gouvernement ferait mieux « de poursuivre le travail qui a été fait pour relever le niveau pour la majorité des élèves et pas juste quelques-uns ».

Au vu du tollé déclenché en France par le recrutement de profs non qualifiés via Pôle-Emploi, une chose est sûre : ce concept n’est pas prêt de s’exporter sur notre territoire.