Est-il possible d’apprendre les langues étrangères grâce au sous-titrage à la télévision et au cinéma ? Cette question a fait l’objet d’une étude de la Commission européenne, menée auprès de 5.966 personnes et 5.000 étudiants issus de 33 pays (les 27 pays membres de l’UE ainsi que l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein, la Suisse, la Croatie et la Turquie).

D’après cette enquête, le sous-titrage non seulement contribue à l’amélioration des compétences en langues étrangères, mais est également une source de motivation pour se lancer dans cet apprentissage.

Dans les pays ayant une tradition de sous-titrage, tels que les pays nordiques, le niveau de connaissance des langues étrangères (et de l’anglais tout particulièrement) est proche de celui de la langue maternelle, soit un niveau 4 ou 5 sur une échelle de 5.

Tandis que dans les pays à tradition de doublage, comme la France ou l’Espagne, la majorité des répondants ne dépassent pas le niveau 3 sur 5…

Initier un dialogue avec les enseignants

Les répondants sont 68,7% à penser que le sous-titrage peut améliorer leur connaissance des langues, et 71,8% d’entre eux seraient prêts à regarder des films en version originale sous-titrée – si cette possibilité était offerte par les chaînes de télévision de leur pays.

Le sous-titrage présente un fort intérêt éducatif, dans la mesure où il réduit l’anxiété ressentie par les apprenants confrontés à une langue étrangère. Dans sa version intralinguistique (VO sous-titrée en langue originale), il constitue un excellent support pédagogique.

C’est pourquoi l’étude recommande d’initier un processus de dialogue avec les enseignants, les chercheurs et les professionnels des médias (distributeurs, exploitants, diffuseurs, éditeurs de plateformes de vidéo à la demande, traducteurs audiovisuels), afin d’envisager les actions à mettre en place pour une plus grande diffusion du sous-titrage, aussi bien dans les médias que dans le contexte éducatif.