La troisième « prépa-pro » est proposée en lycée professionnel aux élèves volontaires. L’inscription se fait sur demande de la famille et de l’élève auprès du chef d’établissement en fin de quatrième. Après avis du conseil de classe du troisième trimestre de quatrième, une commission départementale statue sur chacune des candidatures.

L’objectif de cette nouvelle filière ? « La classe de troisième « prépa-pro » cherche à créer, chez des élèves scolairement fragiles, une dynamique nouvelle leur permettant de mieux réussir leur dernière année de premier cycle en s’appuyant sur des méthodes pédagogiques différentes, tout en mûrissant un projet de formation par la découverte de métiers relevant de différents champs professionnels », précise le Bulletin officiel.

Au programme : moins d’heures d’enseignements de disciplines générales et plus d’enseignements technologiques. Stages d’initiation en milieu professionnel, découverte des métiers et initiations aux activités professionnelles composeront ainsi les 216 heures (maximum) de séquences de découvertes professionnelles. Chaque élève bénéficiera également de soixante-douze heures annuelles d’accompagnement personnalisé, assuré par un membre de l’équipe pédagogique. Cet accompagnement devra permettre à l’élève de faire le point sur ses choix de parcours de formation, d’effectuer des recherches sur les métiers ou encore de se préparer aux différentes périodes d’observation en milieu professionnel.

En outre, les élèves des classes « prépa-pro » présenteront le diplôme national du brevet comme n’importe quel autre élève de troisième. Quid de la poursuite d’études ?  « S’il apparaît évident que ces élèves choisiront majoritairement la voie de la seconde professionnelle ou de l’apprentissage, rien n’interdit la poursuite d’études vers la voie générale ou technologique pour les plus motivés d’entre eux », indique le Bulletin officiel. Ainsi, une deuxième langue vivante est prévue au programme, permettant à l’élève qui le souhaite de réintégrer une seconde générale.

De l’expérimentation à la généralisation

Les classes de troisième « prépa-pro », expérimentées cette année dans les lycées volontaires, seront généralisées à la rentrée 2012 et devront se substituer à terme aux troisièmes DP6. Une enquête nationale recensera, par ailleurs, la mise en œuvre de cette expérimentation, ainsi que le nombre de classes et d’élèves concernés, les modalités pédagogiques, les différents partenaires impliqués et l’orientation des élèves à l’issue de la troisième.

Du côté des syndicats, le sentiment est partagé. Pour Claire Krepper, secrétaire nationale chargée du secteur éducation du SE-Unsa (1) : « Le ministère est en train de construire la personnalisation des parcours au collège sous la forme d’une offre différenciée. On renonce à l’ambition du collège pour tous. L’accès à des contenus plus technologiques en lien avec les métiers et les entreprises, cela nous paraît très intéressant, mais pour tous. Il n’y a pas de raisons qu’ils soient réservés aux seuls élèves en difficultés ». Le maintien d’une seconde langue vivante est tout de même un point positif pour la secrétaire nationale du SE-Unsa : « Il y a quand même le souci, il faut bien le reconnaître, de la possibilité d’une ouverture après la 3e prépa-pro à d’autres orientations que celle uniquement de la voie professionnelle. C’était l’une des limites de la troisième DP6 qui ne proposait qu’une langue vivante, et qui fermait la voie à beaucoup d’orientations ».

Anne-Marie Le Gallo, secrétaire nationale à l’enseignement professionnel et technologique du SNALC (2), salue quant à elle cette nouvelle filière : « Nous sommes favorables à tout ce qui permet à des élèves de faire des choses qui leur conviennent, et qui rompt avec le collège unique. Il ne faut pas mettre tous les élèves dans le même moule. Permettre à des élèves de troisième d’aller dans des entreprises ou de suivre des cours à orientations professionnelles et technologiques, leur faire découvrir un métier : c’est quelque chose qui a un sens ».
Anne-Marie Le Gallo nuance tout de même ses propos sur un point : « Ce qui me laisse un peu perplexe, c’est la mise en œuvre concrète telle qu’elle est définie par les textes. Il n’est ainsi à aucun moment mentionné comment sera organisée et rémunérée l’évaluation par les professeurs des périodes de découvertes professionnelles… ».


Stéphanie Marpinard