Deux sondages Ipsos : comment le grand public et les enseignants voient l’école ?

Les résultats de deux sondages Ipsos exclusifs "Les Français et l'école" et "La perception de l’éducation nationale par les enseignants" réalisés pour Marianne et L'Histoire, en partenariat avec la CASDEN, ont été présentés hier au lycée Louis-le-Grand à Paris. A cette occasion, Marianne et L'Histoire publient un hors-série commun "L’école de la République".

Les résultats du sondage sont sans appel : 64% des Français estiment que l’école fonctionne mal, et 60% jugent qu’elle ne garantit pas l’égalité des chances.

En même temps, l’attachement à l’école de la République et les attentes vis-à-vis d’elle sont très importants : 97% des Français jugent qu’une des missions prioritaires de l’école est de faire « acquérir les savoirs de base ». Mais seuls 66% des interrogés lui font confiance pour la mener à bien.

96% des Français jugent que la mission prioritaire de l’école est également de « donner le goût d’apprendre », mais seulement 42% lui font confiance pour cela.

Les classes surchargées, sources d’inquiétude

Dans le cadre de cette enquête, un sondage a également été réalisé par Ipsos auprès des enseignants, intitulé « La perception de l’éducation nationale par les enseignants ». Il permet une comparaison très intéressante, car les mêmes questions ont été posées au grand public et aux enseignants. Ainsi à la question « Quels sont les problèmes les plus importants auxquels il faut s’attaquer en priorité à l’école ? », le résultat est « La maîtrise du français à l’écrit et à l’oral » à 49% pour le grand public, 45% pour les enseignants, « Le nombre d’enfants par classe », 24 % pour le grand public et 51 % pour les enseignants. Les sur-effectifs d’élèves par classe sont donc un problème majeur pour les professeurs, et la maîtrise du français une préoccupation essentielle pour ces derniers comme pour le grand public.

Etonnamment, les enseignants ne classent pas parmi les problèmes les plus importants la discipline (un problème important seulement pour 28 % d’entre eux) ni la sécurité (un problème important pour 4% d’entre eux).

« Un immense désarroi »

Enfin, si dans le grand public, 64% des sondés encourageraient leur enfant à être enseignant s’il le souhaitait, chez les enseignants, ce chiffre tombe… à 48 % ! En conclusion, l’école connaît une grave crise de confiance, mais l’école de la République, garantissant l’accès aux savoirs et l’égalité des chances, reste toujours un idéal, certes devenu bien lointain, y compris pour les enseignants -qui sont 56% à penser que l’école joue de moins en moins un rôle de promotion sociale. Ces résultats sont commentés dans le hors-série Marianne/L’Histoire à paraître demain, par des personnalités telles que Jack Lang, Bruno Racine, président du Haut Conseil à l’Education ou encore Philippe Joutard, ancien recteur, professeur d’histoire à l’université de Provence et à l’EHESS. Pour lui, ces résultats sont peut-être « le signe que derrière cette vision négative se cache un immense désarroi ».

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.