Quand les cancres se changent en élèves modèles

Le numéro d'octobre du magazine Sciences Humaines questionne les théories de la motivation scolaire et tente d’analyser les raisons qui poussent, parfois, les élèves en échec à retrouver le goût des études.

Comment les cancres se transforment-ils (parfois) en bons élèves ? Un article intitulé « Comment je suis devenu un élève (presque) modèle« , du numéro de Sciences Humaines d’octobre s’est penché sur cette épineuse question, avec, en toile de fond, l’exemple de son auteur, Jean-François Dortier. Cancre de la première heure, hermétique aux formules d’algèbre et aux règles d’accord du COD, Jean-François s’est subitement mué en excellent élève quelques mois avant ses 16 ans. Ses motivations ? Un coup de foudre pour sa prof de maths, la peur d’aller travailler à l’usine avec son père, et, en bonus, la satisfaction d’obtenir de bonnes notes. Autant de raisons qui ont poussé le jeune homme à poursuivre sa scolarité avec succès jusqu’en fac de sciences.

Son histoire n’est pas exceptionnelle  : de nombreux élèves décrocheurs, sous l’impulsion de divers éléments déclencheurs (changement d’orientation, reprise d’études) retrouvent un intérêt pour l’école et une motivation d’apprendre.

Cinquante ans de théories de la motivation scolaire

Depuis quelques dizaines d’années, les psychologues tentent de comprendre les moteurs de cette motivation pour élaborer une « théorie de la pédagogie » capable d’enrayer l’échec scolaire et de remobiliser les élèves.

Premier constat, il semblerait que l’envie d’apprendre, innée chez les enfants, perdure à l’adolescence. Comment expliquer alors l’apathie constatée chez la plupart des élèves qui se morfondent en classe en attendant que la sonnerie les libère de leur ennui ?

Selon Jean-François Dortier, les élèves s’ennuient en classe car « l’institution scolaire, forgée autour de disciplines et d’horaires, n’est pas faite pour les épanouir ». Des théoriciens ont en effet établi une distinction entre « motivation intrinsèque », ce que l’on réalise par passion et « motivation extrinsèque », ce que l’on réalise dans le but d’obtenir une récompense (ici, une bonne note ou un diplôme). En somme, ironise Jean-François Dortier, « il faudrait interdire la lecture de Balzac ou de Rimbaud aux élèves pour leur donner envie d’aller lire ces auteurs « .

Autre théorie « en vogue », celle d’Albert Bandura, selon laquelle la motivation scolaire est liée au concept d' »auto-efficacité » : l’élève s’investit à hauteur de ses chances de réussir, qu’il évalue plus ou moins importantes. Supprimer « l’illusion d’incompétence » de l’élève suffirait donc à le remotiver durablement.

Les différentes théories de la motivation scolaire s’accordent cependant sur un point, comme le souligne Jean-François Dortier : la motivation n’est pas « une potion magique qui ferait tout à coup rebondir l’élève », mais plutôt une « construction permanente où interviennent plusieurs composantes, des buts et des valeurs diverses ». Il n’y a donc pas de recette universelle pour transformer les cancres en bons élèves, mais plutôt une « alchimie de motifs, facteurs et circonstances » propres au vécu de chaque enfant.

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