François Hollande a promis vendredi de rétablir en cinq ans la totalité des postes d’enseignants supprimés depuis 2007. S’il est élu président de la République, le candidat à la primaire socialiste s’engage en effet à créer « 60.000 à 70.000 postes » sur la durée du quinquennat.

Sur le financement de ces postes, qu’il estime à 500 millions d’euros par an, François Hollande a précisé sur Canal Plus que ce montant serait « pris sur les dépenses existantes. Il y aura autant de dépenses supplémentaires que d’économies. Je n’embaucherai pas de fonctionnaires dans d’autres administrations (…) Nous aurons aussi à mettre en cause des dispositifs fiscaux comme le bouclier fiscal, les cadeaux sur l’impôt sur la fortune ».

Luc Chatel a rapidement réagi, estimant sur BFM TV que « les propositions de François Hollande sont irresponsables et irréalistes […] au moment où tous les grands pays du monde sont engagés dans un combat contre la dépense publique ». Même dans son camp, la promesse de François Hollande a suscité des commentaires mitigés. Ainsi, si Jack Lang le soutient, Martine Aubry, autre candidate à la primaire socialiste se réjouit qu’il ait « changé d’avis » après avoir déclaré « vouloir sanctuariser le budget de l’Education nationale à ce qu’il est aujourd’hui ». Sur le fond, la maire de Lille ajoute : « remettre des enseignants, oui, mais en remettre en priorité là où il y en a besoin. La réponse est donc un peu plus complexe. »

Reste enfin que les économistes sont sceptiques sur le coût annoncé de la mesure, qu’ils estiment plutôt à 500 millions la première année, 1 milliard la deuxième et 2,5 milliards la cinquième.