En déplacement hier à Marly-le-Roi pour accueillir des enseignants stagiaires de mathématiques de l’académie de Versailles, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a souhaité garantir « un recrutement diversifié, grâce aux masters en alternance » préparant aux métiers de l’enseignement. Selon un conseiller du ministre, l’alternance aurait déjà séduit « un millier » d’étudiants, sur un total de 16.000 enseignants stagiaires.

Le président de la Conférence des directeurs d’IUFM, Gilles Baillat, confirme le succès de la formule : « dans de nombreux cas, il y a eu plus de demandes que de places disponibles ». Il observe toutefois que « les étudiants ne se sont pas précipités » sur ces nouveaux masters « à Créteil ou à Versailles ». Gilles Baillat l’explique par leur faible rémunération, « de l’ordre de 400 euros par mois sur neuf mois ». « Avec 400 euros (…) en région parisienne, on ne va pas loin ».

Le président de la CDIUFM s’oppose par ailleurs à l’appellation de « masters en alternance ». Il rappelle que « tous les masters portés par les IUFM sont conçus avec un minimum d’alternance » depuis 2010, avec des « stages d’observation, en pratique accompagnée ou en responsabilité » chaque semestre. Il évoque à la place des « parcours spécifiques » offrant « des conditions facilitantes » grâce à leur rémunération.

Ces parcours spécifiques, actuellement proposés par quatorze académies, se basent tous sur la même organisation du temps de travail : « une journée par semaine à l’école et le reste à l’IUFM, plus deux semaines de stage groupé au printemps ». Au total, les stages en responsabilité et pratique accompagnée atteignent 192 heures, contre « 54 heures de stage en responsabilité » l’an dernier.