« À quel prix les établissements vont-ils payer la « rentrée techniquement réussie » ? » C’est l’intitulé d’une enquête du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), conduite du 21 au 28 mars 2011 auprès de 1.501 établissements du second degré.

Cette année, les dotations des établissements baissent en moyenne de 0,61%. Ils perdent par ailleurs « un peu moins d’un demi-poste » (0,4 poste, soit 1% des 42 postes que comptent en moyenne les établissements du panel). L’enquête met en évidence « huit leviers » employés par les établissements pour réussir leur rentrée malgré cette diminution des moyens.

Le levier le plus employé est « la limitation du nombre de cours à effectifs réduits », utilisé par « plus de 33% » des établissements, « dont 51% des LP ». Les leviers suivants sont la « suppression d’actions de remédiation » (27% des établissements, 31% des collèges), « l’abandon de projets éducatifs » (23% des établissements, dont 31% des LP), et « l’utilisation de regroupements pédagogiques artificiels » (21% des établissements, dont plus de 40% des lycées). Ce sont donc « les aspects qualitatifs du fonctionnement qui font largement les frais des mesures d’économies. »

D’autre part, les suppressions de postes sont en partie compensées par une hausse moyenne de 3,9% des heures supplémentaires. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les LEGT (les heures supplémentaires y représentent cette année 11% de la dotation, soit 2,2 heures par poste) et les lycées pro (10% de la dotation, soit 2 heures par poste). Toutefois la réglementation interdit d’attribuer plus d’une heure supplémentaire « sans l’accord des personnels ». Dans un établissement où les professeurs refuseraient ces heures supplémentaires, il y aurait en moyenne 28 heures non assurables, « soit l’équivalent des horaires d’une classe ».