Le quotidien mouvementé d’un prof de banlieue

Dans son livre-témoignage "Jours tranquilles d'un prof de banlieue", Martin Quenehen détaille avec humour les difficultés d'enseigner dans un lycée difficile.

Encore une histoire racontant la vie déprimante d’un prof banlieusard dans un lycée difficile, se dira-t-on ? Et on aura tort. Certes, la durée des pauses cigarettes du narrateur a pris le pas sur sa présence en classe, et sa foi en son impact sur le niveau des élèves n’est plus qu’un lointain souvenir.

Mais cette routine dans les désillusions éducatives va soudain être bouleversée par un attentat manqué à la canette de soda. Au cours des sept jours précédant les vacances d’été, ce prof de banlieue va repenser sa carrière, et partager de nombreuses anecdotes exemplaires sur son métier.

Et le témoignage de cet anti-héros de ZEP est bourré d’humour. Le ton est rigolard, jamais pleurnichard. C’est sans rancoeur qu’il raconte les insultes, les agressions, les collègues détestables, les directives absurdes. Qu’il dénigre les TPE, la reconquête du mois de juin, et la méthodique destruction de l’enseignement par le ministre (voir encadré). Ou qu’il dénonce les détournements de subventions, les problèmes d’autorité, l’inutilité des rapports d’incidents et le manque d’intérêt des conseils de classe, qu’il sèche souvent.

Enfin, c’est avec plus d’ironie que de méchanceté qu’il illustre l’inculture de ses élèves. Le prof fait d’ailleurs la part des choses et parle aussi des amours des lycéens, de leur volonté de sortir de la cité, de leur créativité…

Martin Quenehen parvient ainsi à rendre la lecture de son premier roman à la fois instructive et divertissante. En bon ex-prof, il doit savoir qu’on n’apprend jamais aussi bien qu’en s’amusant !
Jours tranquilles d’un prof de banlieue de Martin Quenehen (éditions Grasset)
En précommande sur Fnac.com – sortie prévue le 24 août 2011.

Extrait

« L’homme est un animal parlant, dit Aristote, de là sa supériorité sur le clébard. Mais quand c’est pour aboyer des banalités, on se demande à quoi sert le foutu lycée, que le métèque inaugura jadis. « Les racines de l’éducation sont amères, mais ses fruits sont doux », a écrit ailleurs le Grec, un jour où il avait la frite. Mais de ses branches, il n’a pas dit mot. Peut-être parce qu’elles sont sciées et bien rangées en tas devant la cheminée du ministre chargé de les escamoter sans faire grimper le thermomètre ni la moindre fumée. » (p.24)

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