Recommandez-vous l’utilisation des cahiers de vacances ?

Non. Un élève en difficulté nécessite un diagnostic précis. Pourquoi est-il en difficulté ? Quel obstacle n’a-t-il pas réussi à franchir ? Je considère un peu le cahier de vacances comme de l’automédication. Les parents vont mettre entre les mains de l’enfant un support trouvé dans un supermarché, sans connaître réellement ses difficultés. Je ne pense pas, franchement, que ce soit une réponse adaptée aux difficultés rencontrées par un élève. Le cahier est constitué de raccourcis pédagogiques. Or, lorsque l’on aborde un point du programme avec un élève, certaines étapes sont à respecter. Le cahier de vacances est, à la rigueur, plus adapté aux bons élèves qui en feraient la demande.

Le cahier de vacances peut-il tout de même être considéré comme un bon outil, en fin de vacances, pour préparer l’élève à la rentrée scolaire ?

Un élève peut effectivement consacrer quelques heures, au cours de la dernière quinzaine d’août, pour réviser quelques points du programme. Néanmoins, les enseignants font cette révision à la rentrée pour s’assurer de la bonne maîtrise des acquis. Ce n’est donc pas indispensable. Le cahier de vacances ne doit pas être vécu comme une contrainte par l’élève. Il faut absolument respecter le repos intellectuel des enfants pendant les vacances.

Outre les cahiers de vacances, comment un élève peut-il consolider ses acquis au cours de ces deux mois de coupure ?

Il peut les consolider au travers de pratiques de la  vie courante, si possible ludiques. En matière de production d’écrits, les parents peuvent, par exemple, proposer à leur enfant d’écrire un mail à leur grand-mère dans lequel il racontera ses vacances. Pour travailler les proportionnalités, on peut également demander à son enfant de faire une recette de cuisine. Ce sont des situations anodines, dans lesquelles les élèves vont pouvoir mettre en œuvre leurs connaissances. C’est une autre approche de l’apprentissage, moins austère.

Certains niveaux de classe sont-ils plus sensibles que d’autres au maintien des acquis pendant les vacances ?

Entre le CP et le CE1 se pose la question de la lecture. Je pense que les acquis des élèves en termes de lecture doivent se maintenir par le biais d’une pratique quasi quotidienne, mais toujours sans contrainte. Il faut exploiter cette soif d’apprendre, que possède tout enfant de six, sept ans, dans toutes les situations de la vie courante. On peut, par exemple, solliciter son enfant au supermarché en lui demandant de lire une étiquette, ou dans la rue avec une affiche. Ces petites scènes de la vie courante font que l’enfant se retrouvera en situation de valorisation et non dans une situation de souffrance. Il pourra donc adhérer plus facilement à cette sollicitation. Autre avantage : ces écrits sont le plus souvent représentés avec des polices différentes, ce qui permet à l’enfant de maîtriser des styles d’écriture très variés.


Stéphanie Marpinard