Quels conseils pourriez-vous donner à un enseignant pour lui permettre de prendre du recul pendant ses vacances ?

La période des vacances est le moment idéal pour clarifier nos valeurs psychologiques, les choses qui sont vraiment importantes pour nous. Il faut s’adapter à ce nouveau contexte de congés pour fixer de nouvelles priorités par rapport à différents domaines : les loisirs, la spiritualité, les relations de couples et familiales, sans oublier la santé.

Certaines erreurs, très répandues, sont à éviter. Les vacances, par exemple, ne doivent pas être une période de relâchement dans les heures de sommeil ou dans la façon de se nourrir. Dormir beaucoup pour récupérer le sommeil perdu tout au long de l’année risque de dérégler la machine et va à l’encontre de la logique de la gestion du stress. L’été est également la bonne période pour prêter attention à la façon dont notre corps se manifeste, sans nécessairement être dans l’évaluation ou le jugement, sans déclencher notre machine à penser, ni remplir sa tête de maux.

Quelles pourraient être les vacances idéales ?

Il n’y a pas de vacances idéales, mais c’est vrai qu’il existe actuellement une nouvelle tendance qui semble en adéquation avec la logique de la gestion du stress. Je pense au « slow tourisme » (1), par exemple. Ce nouveau concept de vacances incite à prendre son temps pour percevoir ce qu’il y a autour de nous et de ne pas être constamment dans le fait de tout vouloir voir, mais plutôt de voir les choses de manière plus approfondie. C’est ce que l’on appelle aussi la recherche du plaisir minimaliste : ne pas être dans la saturation de nos sens, mais aller vers les nuances et les subtilités.

Comment expliquez-vous, que pour certains enseignants, cette période de vacances soit source d’angoisses ?

Les vacances laissent le temps à la réflexion et peuvent donc être ressenties par certains comme une période douloureuse. Beaucoup vont se plonger dans des activités physiques pour extérioriser leurs angoisses. C’est une erreur. Il faut au contraire accepter que notre tête, y compris pendant cette période de vacances, produise des émotions et des pensées qui sont liées à des évènements difficiles que l’on a pu vivre pendant l’année. Plus nous essayons de lutter pour faire cesser ce type de pensées, et plus ces dernières risquent de revenir avec une intensité émotionnelle plus forte et de façon plus fréquente. Il faut donc prêter attention à ce qui se passe à l’intérieur de nous et créer des espaces dans les­quels nous sommes capables de nous obser­ver. Une fois que l’on a pris acte de nos émotions, il est inutile de conti­nuer à cher­cher des expli­ca­tions ou des solu­tions. Il faut alors diri­ger son atten­tion vers des acti­vi­tés que nous valo­ri­sons, comme les loisirs par exemple. Une bonne ges­tion de son temps fait ainsi par­tie de l’outillage anti-stress.

Comment se préparer à affronter la rentrée après deux mois de coupure ?

Il faut accepter que toute reprise soit difficile, et d’autant plus si l’arrêt a été long puisque vous perdez alors vos automatismes. Vous devez à nou­veau trou­ver un équi­libre entre votre travail et votre vie personnelle. Pour faci­li­ter les choses et se préparer à la rentrée, l’enseignant doit se pré­ser­ver, pen­dant ses vacances, des moments consa­crés à déve­lop­per de nou­velles com­pé­tences ou main­te­nir celles qu’il a uti­li­sées pen­dant l’année. La lecture peut-être, par exemple, un bon outil de développement des connaissances.

Stéphanie Marpinard