Evelyne Dirringer est institutrice à l’école primaire Chantereine de Villersexel, près de Vesoul. Pendant l’année écoulée, elle a mis à profit le réseau de micro-blogging Twitter pour mettre sa classe de CP en relation avec d’autres « twittclasses », autour d’activités quotidiennes comme « le mot du jour ». Au fil des rencontres, le réseau lui a même permis de faire venir en classe un spécialiste des loups, qui a captivé les enfants avec les récits de deux ans passés dans le grand Nord.

« Plus ludique que d’écrire dans un cahier »

Evelyne Dirringer a été invitée à découvrir Twitter par Philippe Charpentier, animateur TICE de la circonscription. Elle a commencé par créer un compte perso pour en comprendre les ressorts, avant d’accepter de l’utiliser en classe : « Ca fait écrire des petites phrases courtes, c’est idéal pour des CP. Les gens peuvent répondre, c’est plus ludique que d’écrire dans un cahier. On avait bien le blog de l’école mais il n’y avait pas cette interactivité. »

La classe a mis à profit son TBI (tableau blanc interactif) pour recevoir en temps réel les « tweets » de ses contacts. Les activités virtuelles ont commencé par le partage de mots du jour issus du calendrier des Incollables avec d’autres twittclasses, dont les CP de M. Masson, à Dunkerque :

Les enfants se sont appropriés l’outil sans problème. « Au tout début de l’année, j’écrivais pour eux. Mais très vite, ils se sont mis à écrire leur propres phrases, à les corriger ensemble, et je n’ai pas eu à leur expliquer longtemps comment les publier. Twitter est assez simple d’utilisation. »

Un jour, la maîtresse fait découvrir à ses élèves Mickaël Brangeon, qui a passé deux ans à observer les loups au Québec, et qui tweete son expérience du grand Nord. Fascinés par ses récits, les CP vont échanger avec lui et se lancer dans un grand projet « loups ». Cette aventure atteindra son apogée avec une rencontre en chair et en os, dans leur classe, avec Mickaël Brangeon.


(source : galerie Picasa de Philippe Charpentier)

Déjà quatre élèves avec un compte perso

Il y a deux semaines, à la fin de l’année, l’institutrice a reçu une partie des parents pour clôturer le projet Twitter. « Je leur ai parlé de l’efficacité de cet outil, et j’ai montré comment les enfants l’ont utilisé. » Le réseau a permis d’accélérer l’apprentissage des compétences du brevet informatique B2i, entamé dès la maternelle, telles que taper au clavier ou repérer des informations affichées à l’écran. « Mais la question des familles était surtout : comment faire pour que les enfants puissent continuer à twitter ? Alors je leur ai montré comment créer un compte, et j’ai donné mon compte perso pour qu’ils puissent me contacter… » Une semaine plus tard, quatre élèves de la classe avaient déjà leur propre profil Twitter.

Comme pour le compte de la classe, la maîtresse a invité les parents à limiter l’accès aux messages de leurs enfants (via préférences > compte > « protéger mes tweets »). Ainsi, les tweets sont privés par défaut, et les contacts peuvent être validés individuellement par un adulte, pour préserver des mauvaises rencontres.

L’année prochaine, Evelyne Dirringer a prévu de réutiliser Twitter en classe, mais ignore encore sous quelle forme.