La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale s’est prononcée hier, mercredi, contre la publication du rapport d’information sur la formation initiale et le recrutement des enseignants. Le texte a en effet recueilli 11 voix pour, 15 contre. Deux députés se sont abstenus et, de source parlementaire, des élus de la majorité ont voté contre le rapport.

La commission a, en particulier, exprimé son opposition à la proposition n° 20, qui préconisait de supprimer les concours enseignants et de les remplacer par l’obtention du master, suivie d’un recrutement effectué au niveau des académies ou des établissements. « Elle a cristallisé les tensions et mis mal à l’aise beaucoup de députés », explique par exemple Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin.

A l’heure actuelle, le recrutement des enseignants s’effectue par le biais de concours nationaux (professeur des écoles, Capes ou agrégation). Les syndicats d’enseignants avaient vu dans la proposition de les supprimer la perspective d’un démantèlement du service public de l’éducation. Dans une interview accordée à Libération, Luc Chatel avait pour sa part affirmé que cette suppression « n’était pas d’actualité ».

Un tel rejet est exceptionnel. « Je suis député depuis 1988, a commenté le député socialiste du Nord Yves Durand, et n’ai jamais vu la publication d’un rapport d’information être rejetée en commission ». De fait, le vote pourrait provoquer la fin des travaux de la mission sur le recrutement des enseignants, conduite par le député UMP du Doubs, Jacques Grosperrin. Une nouvelle version du rapport pourrait également être proposée ultérieurement.