L’association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses) avait déjà tiré la sonnette d’alarme il y a quelques mois, préoccupée par la réforme annoncée de l’épreuve de SES au baccalauréat ES.

Après un long silence, le ministère a rendu public un projet de note de service qui s’annonce, d’après l’Apses, « particulièrement inquiétant ».

Bachotage et fraude en perspective

En effet, le projet prévoit de supprimer l’épreuve de synthèse pour la remplacer par une « épreuve composée », consacrée en partie à la restitution de connaissances apprises par cœur. 6 points sur 20 seraient ainsi attribués à un exercice assimilé à « de la simple récitation de cours » nécessitant « un bachotage contraire à l’intérêt des élèves » et susceptible de « renforcer les risques de fraudes à l’examen ». L’Apses déplore également que le seul exercice de l’épreuve susceptible de mobiliser la réflexion personnelle des élèves leur « interdi[se] explicitement de débattre ».

Le projet ambitionne aussi de réformer la dissertation, en supprimant l’étude de textes dans le dossier documentaire. Ces transformations prendraient effet à la session 2013 du baccalauréat.

Dans un communiqué, l’Apses accuse le ministère de vouloir redéfinir les modalités d’évaluation de l’épreuve de SES « sans information ni consultation réelle des enseignants » et « sans même que les nouvelles épreuves n’aient pu faire l’objet d’expérimentations auprès des élèves ». Elle réclame « un moratoire sur l’application des nouvelles épreuves », et un report de la mise en application à la session 2014. Ainsi, « l’expertise pédagogique des enseignants » et « l’intérêt des élèves » pourront réellement être pris en compte.