Les résultats du bac, publiés depuis le 4 juillet en Roumanie, ont révélé un taux d’échec sans précédent dans le pays : 55% des candidats ont été recalés et une vingtaine de lycées n’ont compté aucun admis parmi leurs élèves.

Selon le ministre de l’Education nationale roumain, Daniel Funeriu, ce taux d’échec, jamais atteint depuis la fin du régime communiste, serait dû aux mesures de lutte contre les fraudes à l’examen, qui ont été renforcées cette année. En effet, en Roumanie, la triche est une pratique courante qui fausse chaque année les résultats du baccalauréat. Si en France, ce sont les nouvelles technologies qui posent problème, en Roumanie, la corruption est un véritable fléau ; il n’est pas rare qu’avant un examen, les élèves se « cotisent » pour payer le surveillant afin qu’il les laisse tricher tranquillement.

D’après Daniel Funeriu, les caméras placées dans les centres d’examen et les mesures radicales de lutte anti-corruption ont permis de restreindre efficacement les actes de tricherie au bac 2011, au détriment du taux de réussite. Ainsi, cette année, 111 des 159 candidats d’un centre d’examen ont été renvoyés pour fraude. »Ces résultats représentent un miroir de la société et montrent que la Roumanie se trouve à un carrefour » a affirmé le ministre de l’Education roumain lors d’une conférence de presse.

Depuis la publication des résultats, qualifiés de « honteux » par les média, le système scolaire roumain est la cible de vives critiques : Gheorghe Isvoranu, président d’un syndicat enseignant roumain, en profite pour dénoncer le manque de moyens alloués à l’éducation : « Sans dédouaner les enseignants qui ont fermé les yeux sur les fraudes, il faut souligner que les salaires sont démotivants ». En Roumanie, le budget de l’Education nationale est passé de 4,7% à 2,7% du PIB en quatre ans.

En comparaison, l’épidémie de fraudes et de problèmes qui a entaché les examens nationaux cette année fait figure de petit couac dérisoire !