Collège unique : pour Philippe Meirieu, il faudrait éviter de le « dépecer »

Dans la "Lettre de l’Education" cette semaine (27 juin, n°709), Philippe Meirieu prend la parole pour s’exprimer sur les conséquences de l’application, au monde de l’enseignement, d’"un libéralisme autoritaire". Dans ce contexte, le collège unique est en péril.

Philippe Meirieu dénonce la « mise en concurrence des enseignants, des établissements, des recteurs », « la frénésie évaluative » qui gagne tout le système éducatif, et l’idée selon laquelle « la concurrence engendre la qualité de service rendu ».

Dans ce contexte, le collège unique et son ambition égalitaire se situent difficilement.

Pour Philippe Meirieu, ce dernier est clairement en train d’être « dépecé ». Il reconnaît que le « collège est le maillon faible du système éducatif » et observe que les pourfendeurs du collège unique s’engouffrent dans cette faille pour tenter de le démanteler.

L’orientation précoce apparaît ainsi comme un des meilleurs moyens de tordre le cou au mythe de l’accès à une formation généraliste pour tous. Mythe peu compatible avec l’esprit de concurrence.

Les « études-métiers » en 4e et 3e

L’orientation précoce risque pourtant d’être mise en place bientôt dans le cadre de la proposition de loi « pour le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels », dite loi Cherpion.

Cette proposition de loi comprend entre autres en effet le projet de création des « études-métiers » en 4e et en 3e. Elle a été adoptée par l’Assemblée Nationale le 21 juin, et par le Sénat le 27 juin, dans le cadre d’une procédure accélérée. Elle passera en commission mixte paritaire le 4 juillet. Le dispositif pourrait ainsi, une fois voté, être appliqué dès la prochaine rentrée scolaire.

Les classes « études-métiers » seront construites sur le modèle des classes sport-études, indique le député UMP Gérard Cherpion dans La Lettre de l’Education (citée plus haut). Elles comprendront des « stages d’observation, des rencontres et des visites d’entreprise ».

Pour la FSU, totalement opposée, comme le SE-UNSA, à cette proposition de loi, sorte de sélection masquée en fin de 5e, les adolescents « ont besoin d’une formation et d’une éducation forte et ambitieuse bien au-delà de 16 ans pour pouvoir prendre plus tard dans la société toute leur place de citoyen et de travailleur ».

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