Ecole de la 2e chance : « Faire le prof ici, ça ne marche jamais ! »

La dernière née des écoles de la 2e chance vient de voir le jour en Ile-de-France à Clichy. Au programme : stage en entreprise, formation aux fondamentaux, et envie de réussir !

Assis face à son ordinateur dans la salle informatique, Alexandre a l’œil rivé sur son écran. Après deux stages réussis dans le secteur commercial, il n’a pas été au bout de la première journée de son 3e stage. « Je me suis fâché avec la patronne ! Elle voulait que je connaisse tous les services dès le 1er jour ! » Pour la cinquantaine de jeunes fraîchement inscrits à l’école de la 2e chance de Clichy et « habitués à être virés de partout », explique la directrice Jeanne Schneider, la recherche de stage est cruciale puisqu’ils passeront la moitié de leur formation d’une dizaine de mois en entreprise.

D’autant que comme l’affirme son slogan, l’école de la 2e chance se veut différente. Ouverte le 1er mars 2011, l’école de Clichy est la dernière née des écoles du réseau (1) en Ile-de-France. Objectif : s’insérer professionnellement tout en acquérant une base de fondamentaux (mathématiques, français, bureautique et des modules de connaissance de la société). Ces jeunes, majoritairement issus de BEP, CAP, alternent 35 heures de formation à l’école avec une quinzaine de stages de 3 semaines en entreprise. Stagiaires de la formation professionnelle, ils perçoivent une rémunération du Conseil régional de l’ordre de 330 euros par mois.

« Trouver le déclic »

Plusieurs critères président à l’entrée à l’école : avoir entre 18 et 25 ans, n’être titulaire d’aucun diplôme ni qualification, être sorti du système scolaire depuis au moins un an et enfin avoir la volonté de s’engager dans « une dynamique d’insertion professionnelle ». Il faut toutefois noter que, pour la première rentrée, plus de 80 entretiens se sont tenus pour 50 stagiaires retenus.

Durant la formation, ils peuvent partir quand ils le souhaitent, mais tout l’enjeu pour les formateurs sera de « trouver le déclic » pour leur apprendre à réussir, et ainsi leur faire « prendre conscience de leur utilité sociale ». Issus de CFA, organismes de formation, missions locales, ou même du secteur privé, ces professeurs ont connu, comme leurs élèves  des parcours « à étapes », et disposent d’un savoir faire pédagogique adapté à ce type de public. « Faire le prof ici, ça ne marche jamais ! », assure Denis Vignolet, responsable pédagogique de l’école.

Quels sont les débouchés professionnels ?

Une fois l’attestation de compétences en poche, quels sont les débouchés ? Contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation « qui leur permet de combiner contrat de travail et qualification », voire CDI pour des jeunes « de très faibles niveaux ». S’il est encore trop tôt pour parler de succès, selon Jeanne Schneider, les premiers résultats sont encourageants et le réseau des partenaires entreprises se constitue peu à peu (2). Comme pour l’ensemble des écoles du réseau, le taux de réussite est fixé à 60% minimum d’insertion en emploi ou en formation professionnelle qualifiante. A Clichy, se félicite la directrice, « il y a déjà beaucoup de demandes pour la rentrée » prochaine. D’autres villes du département des Hauts-de-Seine seraient déjà prêtes à se lancer dans l’aventure.

Marie Pairault

Note(s) :
  • (1) Le concept d’école de la 2e chance est issu des principes du livre blanc
  • (2) Cinq grandes entreprises sont administrateurs de l’école : AXA France, Bouygues Immobilier, La Poste, L’Oréal et Thuasne. D’autres entreprises s’engagent en accueillant des jeunes en stage.

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