Triche au baccalauréat : les nouvelles techniques

Les antisèches collées derrière la règle ou écrites sur la main ont fait leur temps; les nouvelles technologies sont aujourd'hui les outils préférés des tricheurs. Quelles sont ces nouvelles techniques de fraude et comment l’Education nationale s’en protège-t’elle ?

Quelques heures après la fin de la première épreuve du bac 2011, au moment où de nombreux étudiants se replongent dans leurs révisions, d’autres peaufinent leur technique de triche. Si certaines méthodes, vieilles comme le baccalauréat, ont été éprouvées par des générations d’étudiants, depuis quelques années, une nouvelle tendance se profile : la triche 2.0.

Le smartphone, outil privilégié du tricheur 2.0

Avec la généralisation des smartphones, tout le monde peut disposer d’un accès facile et illimité au web, n’importe où et n’importe quand. Cela ouvre aux étudiants des possibilités de fraude quasi-illimitées : beaucoup de tricheurs avouent par exemple se connecter à l’encyclopédie collaborative Wikipédia pendant l’épreuve pour trouver des informations sur leur sujet d’examen. Plus facile encore, télécharger le corrigé, en général accessible sur Internet quelques minutes après le début de l’épreuve. Certains sites en ont même fait leur spécificité : Webtricheur propose ainsi aux étudiants de concevoir leur antisèche en ligne et de l’optimiser pour une lecture sur l’écran de leur téléphone portable. Très en vogue depuis quelques années, cette technique de triche par smartphone interposé porte le nom de wap gruge.

D’autres fonctionnalités du smartphone sont également exploitées par les tricheurs 2.0 : certains photographient leur manuel scolaire avec leur téléphone, qu’ils consultent durant l’épreuve. D’autres utilisent tout simplement leur boîte mail en s’envoyant les antisèches tapées à l’ordinateur, comme Faye, interrogée ce mercredi par France Info. La jeune fille avoue avoir profité d’une pause toilette pour consulter ses mails depuis son smartphone, après avoir pris soin de s’envoyer les cours sur sa boîte.

La triche dans la ligne de mire de l’Education nationale

D’après les statistiques de l’Education nationale, la triche au baccalauréat serait une pratique marginale : seuls 272 cas ont été recensés en 2010, sur un peu moins de 600000 candidats en France métropolitaine, d’après l’Etudiant. Pourtant, une enquête de Pascal Guibert et Christophe Michaut datée de 2009 révèle que plus de 70% des étudiants avouent avoir triché durant leur scolarité. L’Education nationale a donc décidé de prendre des mesures, dont l’interdiction totale des smartphones à l’intérieur des salles d’examen. Jeudi, le ministère a également distribué une circulaire aux enseignants pour les mettre en garde contre cette nouvelle génération de cyber-tricheurs. Pour arriver à leurs fins, certains n’hésitent pas à introduire dans la salle d’examen des stylos-téléphones ou des montres-téléphones. Pour lutter contre le phénomène, certains établissements ont tenté de mettre en place un système de brouillage des ondes, mais la pratique semble néanmoins poser quelques « problèmes techniques et juridiques », selon Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire.

Les enseignants surveillant le bac sont prévenus : il leur faudra redoubler de vigilance pour contrecarrer cette nouvelle tendance de cyber-triche !

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