Votre rapport met en avant une augmentation de la violence en milieu scolaire. Comment se manifeste-t-elle ?

 

Elle se manifeste peu. C’est un sujet encore un peu tabou. On refuse souvent l’idée de la violence chez les petits. C’est notre premier constat. Il y a donc une grande solitude des familles, des élèves et des enseignants devant cette situation. Nous avons été alertés par des situations de harcèlement. Il faut dans un premier temps essayer de décrire ce qui se passe pour le comprendre. Les recommandations suivantes sont ordonnées autour d’un principe : toutes les mesures à prendre doivent être éducatives et réparatrices. On ne peut pas prendre de mesures disciplinaires ou d’exclusion dans le primaire. Autre grand axe : il faut remettre les familles au centre du processus d’éducation. Elles sont parfois très surprises quand on leur explique le comportement de leur enfant. Les familles ne peuvent pas demander à l’école à la fois d’instruire leur enfant et de l’éduquer, et elles de ne plus le faire. On a eu l’exemple d’un père qui s’est présenté à la place de son enfant pour faire l’heure de colle, en pensant qu’il était injuste que l’élève ait été sanctionné. On propose, par exemple, que le règlement intérieur de l’école soit communiqué aux familles, qu’elles le signent et en débattent en début d’année et non pas au moment où  il y a un problème avec leur enfant.


Stéphanie Marpinard