En Floride, quelque 7000 lycéens ont pu expérimenter à la rentrée dernière le tout nouveau programme scolaire lancé par les établissements publics du comté de Miami-Dade. Pour pouvoir répondre à l’amendement à la Constitution de Floride visant à réduire le nombre d’élèves par classe, certaines écoles ont en effet créé plusieurs classes sans professeurs, mais avec des ordinateurs. Dans ces « labos d’apprentissage électronique », les cours sont dispensés par Internet.

Des enseignants joignables par SMS

Dans les salles de classe, pas de professeur mais un assistant pour gérer les problèmes techniques et contrôler l’avancée du travail des élèves. Les cours, assurés par l’Ecole virtuelle de Floride, sont accessibles à partir d’un site Internet auquel les élèves se connectent depuis la salle de classe. Pour répondre à leurs questions ou se faire aider, ils ont la possibilité de contacter un enseignant par téléphone, mail ou SMS.

Si certains élèves ont décidé de suivre ces cours d’enseignement électronique de leur plein gré, d’autres n’ont pas eu le choix. « Pour l’enseignement virtuel, il faut vraiment être motivé, et c’est terrible d’être obligé d’y aller alors qu’on ne l’a pas choisi », déclare une lycéenne de Miami Beach dans un article du New-York Times.

Un dispositif « nécessaire parce qu’il n’y a aucun autre moyen de répondre aux exigences »

L’amendement à la Constitution limite le nombre d’élèves par classe à 25 dans les matières principales. Une mesure qui ne concerne pas les effectifs des « labos d’apprentissage électronique ». Si les chefs d’établissement ne cautionnent pas toujours ce nouveau dispositif, ils affirment ne pas avoir d’autres solutions : les labos virtuels sont nécessaires parce qu' »il n’y a aucun autre moyen de répondre aux exigences en matière d’effectifs », selon Jodi Robins, principale adjointe au lycée de Miami Beach. Du côté des professeurs et des parents, les réactions sont souvent mitigées, voire hostiles : « La façon qu’a notre Etat de gérer la question des effectifs est presque criminelle ! », estime un professeur du lycée de Coral Reef. « Ils procèdent à une standardisation de la pire des façons, et c’est manifeste dans les cours virtuels. »

Après les remplaçants de Pôle Emploi et les étudiants en alternance, le ministère de l’Education utilisera-t-il bientôt les ordinateurs pour pallier la pénurie de professeurs dans les établissements français ?