Lancée mercredi dernier, la nouvelle campagne de recrutement du ministère de l’Education nationale continue de faire couler beaucoup d’encre. Dotée d’un budget de 1,35 million d’euros, elle est diffusée dans la presse, à la radio et sur le web. Un site internet, leducationrecrute.fr, lui est également consacré.

Objectif affiché par le ministère : faire renaître les vocations et « démonter toute l’intox qui ferait croire qu’on ne recrute plus et bien sûr […] inciter les étudiants, et les meilleurs, à faire ce choix de vie ». Mais, rappelant que parallèlement aux 17.000 embauches annoncées par le gouvernement, 16.000 postes seront supprimés à la rentrée prochaine, les syndicats y voient d’autres intentions.

« L’objectif, c’est que tout le monde s’y perde ! », affirme par exemple Christain Chevalier. « C’est un plan com’ pour brouiller les esprits », ajoute le secrétaire-général du SE-Unsa. « C’est limite de la provocation », estime pour sa part Bernadette Groison. La secrétaire générale de la FSU regrette en particulier que la campagne « ne se confronte pas à la vraie question de la revalorisation du métier. Car la difficulté à recruter des enseignants est bien réelle. »

Même les égéries de la campagne, Laura et Julien, ne trouvent pas grâce aux yeux des syndicats qui dénoncent des préjugés sexistes. « D’un côté, regrette ainsi le SE-Unsa, une Laura éthérée qui rêve et de l’autre, bien sur, un Julien volontaire qui lui, est bourré d’ambition. Autant de clichés que nous essayons justement de faire dépasser à nos élèves. Merci, monsieur le ministre ! »