L’Europe des cantines : du tout gratuit au sandwich maison

La restauration scolaire représente jusqu’à 19 % de l’alimentation de l’enfant. Cette restauration scolaire est-elle une spécificité française ? Les pratiques diffèrent grandement d’un pays européen à l’autre, du tout gratuit en Finlande, à l’absence de restauration scolaire en Albanie.

Lorsque l’Ecosse a établi l’école obligatoire, en 1872, l’un des leviers pour inciter les familles à y envoyer leurs enfants était la fourniture d’un repas chaud gratuit à midi. C’est aujourd’hui encore le cas au Cambodge. Au Nord du mur d’Adrien, la tradition s’est perdue, mais un tiers environ des écoliers et collégiens écossais consomment néanmoins toujours un déjeuner gratuit, en fonction des revenus de leur famille. Le système est identique en Grande-Bretagne. Des associations comme Child Poverty Action Group estiment qu’un grand nombre d’enfants de familles défavorisées qui devraient être pris en charge n’ont pas accès à cette prestation gratuite en raison de la complexité administrative des dossiers.

L’exemple finlandais

La solution est pourtant simple, répondent les Finlandais. Dans ce pays qui affiche des performances insolentes au classement PISA , la place de l’Etat est importante. Les municipalités sont responsables de l’éducation. Elles reçoivent à cet effet des fonds du budget national et collectent des impôts locaux, qui seront également utilisés pour l’éducation, notamment pour offrir des repas dans les écoles. L’école – filière unique – pour les enfants de 7 à 16 ans y est de fait réellement gratuite, cantine scolaire comprise comme le confirmait Anka-Lisa Alenko, proviseur d’un établissement scolaire en Finlande lors du dernier congrès de l’Andev (1) en octobre dernier à Tours.

Pays Bas : vers une cantine « saine »

La situation est  encore très différente aux Pays Bas: « en primaire il n’existe pas de cantine scolaire; les enfants emportent leurs déjeuner avec eux à l’école, une tradition néerlandaise ! », explique ainsi Alexandra Feekes, chargée d’études au Bureau du Conseiller Agricole de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Paris. « Pour le secondaire, nous avons mis en place un  programme national d’incitation pour des produits sains et la lutte contre le surpoids et l’obésité chez les adolescents, « les cantines scolaires en bonne santé ». Cependant, le terme ‘cantine’ diffère de la définition française : aux Pays-Bas il s’agit de vente de ‘sandwichs équilibrés’, éventuellement petites salades, yaourts, fruits etc., mais pas de repas chaud. Notre système diffère du vôtre, car les cantines relèvent, au niveau de la gestion, soit de l’école secondaire elle-même (gestion intégrée), soit d’une société de restauration collective, donc commerciale, avec laquelle l’école a conclu un contrat. Les écoles ne reçoivent pas d’aide financière de la part des communes, mais parfois de l’aide temporaire du Service Provincial de Santé Publique pour mettre en route une ‘cantine saine’. »
Ce programme est certifié et émane de plusieurs acteurs de l’Etat dont le ministère de la Santé, mais il est mis en œuvre par le « Voedingscentrum » (Centre National d’information pour la promotion d’une alimentation saine ).  « Le programme national a démarré en 2003, suite à une motion parlementaire et court toujours avec des prix annuels de récompense pour les meilleures cantines scolaires. En 2010, 160 écoles secondaires ont participé, en 2011 on vise 150 établissements de plus » complète Alexandra Feekes.

Yanne Boloh

La restauration scolaire d’un pays à l’autre

Le Conseil de l’Europe avait cherché, en 2003, à connaître plus précisément les pratiques en matière de restauration scolaire dans les différents pays. L’offre de denrées alimentaires et de repas dans les établissements scolaires était alors presque toujours organisée. Seule l’Albanie indiquait alors n’avoir aucun système de restauration scolaire. L’offre va de repas scolaires complets à la mise à disposition de locaux où les enfants peuvent manger leur casse-croûte préparé à la maison. Pour les écoles primaires, la nourriture est principalement fournie sous la forme de repas scolaires traditionnels ou de paniers-repas. Les programmes spéciaux de distribution de lait et de fruits et légumes à l’école sont communs en Europe. Pour les établissements secondaires, il existe une plus grande variété de systèmes d’offre de nourriture. En plus des repas traditionnels et des paniers-repas, les élèves peuvent aussi se procurer à manger dans des cafétérias, des distributeurs et, dans une moindre mesure, dans des points de vente. En 2003, le Pays de Galles était le seul a proposer des points de vente de fruits avec la Suisse, dont le « Pausen Kiosk », kiosque-récré propose des fruits souvent bio.

Hors série cantines scolaires

  • Les cantines jouent la carte du bio (1/3)
    pour lire l’article
  • Les cantines scolaires américaines au secours des élèves démunis (2/3)
    pour lire l’article
Note(s) :
  • (1) Association nationale des directeurs de l’éducation des villes de France.

1 commentaire sur "L’Europe des cantines : du tout gratuit au sandwich maison"

  1. pegoliv  7 septembre 2012 à 21 h 37 min

    A quand la possibilité pour les enfants français d’apporter leur repas dans une salle appropriée, le prix de la cantine est une somme souvent importante pour les familles qui ne bénéficient pas des bourses, en plus, les enfants délicats ne mangent pas à leur faim car ils n’aiment pas leur repas mais les parents paient plein pot quand même !!Signaler un abus

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