Lorsque l’Ecosse a établi l’école obligatoire, en 1872, l’un des leviers pour inciter les familles à y envoyer leurs enfants était la fourniture d’un repas chaud gratuit à midi. C’est aujourd’hui encore le cas au Cambodge. Au Nord du mur d’Adrien, la tradition s’est perdue, mais un tiers environ des écoliers et collégiens écossais consomment néanmoins toujours un déjeuner gratuit, en fonction des revenus de leur famille. Le système est identique en Grande-Bretagne. Des associations comme Child Poverty Action Group estiment qu’un grand nombre d’enfants de familles défavorisées qui devraient être pris en charge n’ont pas accès à cette prestation gratuite en raison de la complexité administrative des dossiers.

L’exemple finlandais

La solution est pourtant simple, répondent les Finlandais. Dans ce pays qui affiche des performances insolentes au classement PISA , la place de l’Etat est importante. Les municipalités sont responsables de l’éducation. Elles reçoivent à cet effet des fonds du budget national et collectent des impôts locaux, qui seront également utilisés pour l’éducation, notamment pour offrir des repas dans les écoles. L’école – filière unique – pour les enfants de 7 à 16 ans y est de fait réellement gratuite, cantine scolaire comprise comme le confirmait Anka-Lisa Alenko, proviseur d’un établissement scolaire en Finlande lors du dernier congrès de l’Andev (1) en octobre dernier à Tours.

Pays Bas : vers une cantine « saine »

La situation est  encore très différente aux Pays Bas: « en primaire il n’existe pas de cantine scolaire; les enfants emportent leurs déjeuner avec eux à l’école, une tradition néerlandaise ! », explique ainsi Alexandra Feekes, chargée d’études au Bureau du Conseiller Agricole de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Paris. « Pour le secondaire, nous avons mis en place un  programme national d’incitation pour des produits sains et la lutte contre le surpoids et l’obésité chez les adolescents, « les cantines scolaires en bonne santé ». Cependant, le terme ‘cantine’ diffère de la définition française : aux Pays-Bas il s’agit de vente de ‘sandwichs équilibrés’, éventuellement petites salades, yaourts, fruits etc., mais pas de repas chaud. Notre système diffère du vôtre, car les cantines relèvent, au niveau de la gestion, soit de l’école secondaire elle-même (gestion intégrée), soit d’une société de restauration collective, donc commerciale, avec laquelle l’école a conclu un contrat. Les écoles ne reçoivent pas d’aide financière de la part des communes, mais parfois de l’aide temporaire du Service Provincial de Santé Publique pour mettre en route une ‘cantine saine’. »
Ce programme est certifié et émane de plusieurs acteurs de l’Etat dont le ministère de la Santé, mais il est mis en œuvre par le « Voedingscentrum » (Centre National d’information pour la promotion d’une alimentation saine ).  « Le programme national a démarré en 2003, suite à une motion parlementaire et court toujours avec des prix annuels de récompense pour les meilleures cantines scolaires. En 2010, 160 écoles secondaires ont participé, en 2011 on vise 150 établissements de plus » complète Alexandra Feekes.

Yanne Boloh