Les deux ministres participaient, lundi 23 mai, à une table ronde à l’université de Cergy-Pontoise en présence d’étudiants se destinant à l’enseignement. « Le dispositif sera lancé dans une trentaine d’universités et huit académies pilotes dont celles de Versailles, Lille ou encore Aix-Marseille et visera quelques centaines d’étudiants » a annoncé Luc Chatel. Cette mesure vient compléter la réforme de la formation des professeurs amorcée en septembre 2010. « Une réforme qui, selon Luc Chatel, n’est pas la caricature que l’on a pu nous décrire : depuis son application, nous n’avons pas eu plus de démissions d’enseignants qu’auparavant. »

Quelles seront les modalités de ce nouveau cursus ? « En parallèle de leur formation universitaire, les étudiants pourront effectuer dès la quatrième année d’études supérieures (master 1) un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine ou occuper un poste d’assistant pédagogique à mi-temps. » Pour l’instant, seuls quelques centaines d’enseignants sélectionnés pourront accéder à ce type de cursus, dont près de deux cents pour la seule académie de Versailles. Les critères de sélection n’ont pas été précisés: si Valérie Pécresse réclame une sélection sur critères sociaux, Jean-Pierre Chevalier, directeur de l’IUFM de Cergy-Pontoise, préfère privilégier les « meilleurs élèves ».

Pour les syndicats, le principe de l’alternance est une très bonne idée, mais ils critiquent sa mise en application. Pour Joël Péhau, secrétaire national du SE-Unsa : « Dans le projet de Luc Chatel, il n’y a que trois à six heures de terrain prévues par semaine, c’est l’équivalent de 20% du temps sur l’année. C’est un ersatz de master en alternance. » Le Snuipp-FSU dénonce quant à lui « la non-reconduction des binômes débutant-maître formateur en primaire jusqu’à la Toussaint et la place imparfaite du concours ». Pour la SE-Unsa et la FSU, « ce dispositif pilote évite surtout de rouvrir le chantier de la formation des enseignants ».