En Finlande, une réforme à l’image de la masterisation a eu lieu dès les années 1970. Mais cette réforme visant à « élever le niveau général de formation » des enseignants a été menée en collaboration étroite avec ces derniers. C’est pourquoi aujourd’hui encore, « la pédagogie, la connaissance de la psychologie de l’enfant et des théories d’apprentissage » conservent une place de premier ordre dans les masters d’enseignement du premier degré.

Les stages pratiques s’appuient sur la formation théorique

Solidement formés, « les enseignants sont considérés comme des experts auxquels on peut faire totalement confiance ». La profession d’enseignant est perçue comme très attractive, et la sélection s’opère à l’entrée de la faculté d’éducation : seul un candidat sur six est retenu, jusqu’à un sur quinze pour les professeurs des écoles !

L’apprentissage théorique est mis en oeuvre lors de stages d’application, où le futur professeur passe progressivement de l’observation à la pratique accompagnée. Ces stages réguliers, organisés dès la première année de formation, sont toujours liés aux modules théoriques. Les enseignants développent ainsi un regard critique sur leur pratique. Pour faciliter l’organisation de ces stages, des écoles d’application sont intégrées à toutes les facultés d’éducation.

Les enseignants bénéficient d’une grande liberté pédagogique

Les enseignants valident leur formation par la rédaction d’un mémoire professionnel, qui leur permet de poursuivre leurs études en sciences de l’éducation à un niveau doctoral. Pour enseigner, ils doivent démarcher les écoles, qui les recrutent souvent en CDD pour commencer. Ils n’ont pas de travail garanti à vie. Ils sont par contre libres de mettre en oeuvre les méthodes pédagogiques qui leur plaisent, et les écoles adaptent les programmes à leurs élèves. Le corps des inspecteurs pédagogiques n’existe plus depuis une vingtaine d’années.
Découvrez d’autres spécificités de la formation des enseignants finlandais sur le site de Sciences Humaineset dans leur numéro de juin (pp.48-51).