Pour tenter de répondre à cette question, André Guyaux s’appuie sur l’ouvrage d’Olivier Beaud, « Les Libertés universitaires à l’abandon ? Pour une reconnaissance pleine et entière de la liberté académique » (éditions Dalloz,  collection « Les Sens du droit », 2010).

Mais André Guyaux y mêle aussi ses propres conclusions. Il juge qu’il « n’y a pas en France d’élitisme universitaire ». En effet, l’élite est le fait des grandes écoles, spécificité française. Il n’y a pas non plus d’esprit de corps : il estime que « les syndicats d’enseignants-chercheurs ne se soucient guère de la défense du métier ; ils se préoccupent d’ailleurs fort peu des libertés universitaires ». Or pour lui, la loi LRU les remet fortement en cause , avec le rôle considérable accordé aux présidents d’université et l’obsession de l’évaluation des enseignants-chercheurs, ces derniers étant devenus de simples « vassaux ». Quant à l’opinion publique, elle est indifférente au sort de l’université.

Bilan bien pessimiste sans doute, contrebalancé pour l’auteur par la perspective de l’élection présidentielle de 2012, qui amènera peut-être, espère-t-il, la possibilité d’une révision de cette loi.