La fondation Terra Nova met en ligne cette semaine sur son site un article intitulé : « Formation des enseignants : reconstruire sur un champ de ruines ». Signé par Jean-Louis Auduc, et un haut fonctionnaire, qui écrit sous pseudo, cet article dresse un bilan noir-et argumenté- des effets de la masterisation enseignante.

« Il est urgent de proposer une sortie à l’impasse destructrice de la ‘masterisation’ pour la formation des enseignants » attaquent d’emblée les auteurs.

Car « le métier de professeur [comme c’est le cas pour les ingénieurs, les médecins…] s’apprend, sur des bases académiques, et au sein de véritables écoles professionnelles ».
La formation des enseignants a disparu avec la masterisation. Et les difficultés rencontrées cette année par les néo-titulaires, directement en poste devant leurs classes à temps plein sans formation aucune, ont eu un impact lourd sur le recrutement, soulignent les auteurs.

« On constate une chute (20% en moyenne) des inscrits aux concours de recrutement 2011 » indiquent-ils ainsi. Pire, en 2012, les retours sur « les inscriptions en septembre en première année de master pour préparer le concours 2012 marquent un recul tous degrés confondus de plus de 55% ! ».
Tout ceci dans un contexte où « 40 % des enseignants actuellement en poste vont bientôt partir à la retraite » s’alarment-ils.

Les auteurs, qui reconnaissent les carences des anciens IUFM, prônent donc, outre une totale réorganisation des deux années de master, la mise en place de véritables écoles professionnelles de formation des enseignants, au sein des universités et pilotées par elles. Ces écoles seraient sur le modèle de ce qui existe déjà pour les magistrats, les policiers ou les conservateurs du patrimoine.

Pour les auteurs, le lien avec l’université devrait absolument être renforcé : il faudrait y réhabiliter les sciences de l’éducation, aujourd’hui totalement délaissées.
Et de rappeler que dans les années 1920, Emile Durkheim avait sa chaire de pédagogie à la Sorbonne.

Faute de mesures fortes, ce ne seront plus seulement les chaires de pédagogie qui auront définitivement disparu, mais bien la pédagogie tout court.