En visite hier au collège de Bagnères-de-Luchon (Haute Garonne), Nicolas Sarkozy a invité les enseignants, au cours d’une table-ronde, à ne « pas avoir peur du changement ».

S’il a affirmé son « admiration » pour le travail des enseignants, il souhaite une adaptation des méthodes d’enseignement au changement des élèves, plaidant pour « une Education nationale à la carte », répondant aux besoins différenciés des élèves. « Il n’y a aucun avenir possible dans l’immobilisme, dans le nivellement, dans la paupérisation », a-t-il ajouté avant d’appeler à transcender les débats « idéologiques » et à écouter le « bon sens ». « Le temps est venu d’expérimenter. Si on se trompe, c’est pas grave, on fera autre chose. »

Sur les sujets sensibles de la rémunération et du nombre de professeurs, le chef de l’État a insisté sur l’ampleur des déficits. « Compte tenu des déficits, des problèmes que nous avons, on ne peut pas faire le choix à la fois d’augmenter sans cesse le nombre et en même temps d’augmenter la rémunération des statuts ».
Auparavant, Nicolas Sarkozy, accompagné de Luc Chatel, avait visité l’ERS(1) hébergé dans ce collège, qui accueille 9 élèves en échec scolaire, et dont le comportement posait problème dans leurs établissements d’origine. « On va pérenniser et développer » l’école dite de « la deuxième chance », a souligné le chef de l’Etat. « De onze actuellement, on passera à vingt à la rentrée prochaine ». Tenant « beaucoup » à ces ERS, Nicolas Sarkozy s’est aussi engagé à « mettre fin à cette omerta sur la violence à l’école. (…) Tout acte de violence sur un enseignant, c’est un problème pour la République. »

Affirmant « avoir conscience que les conditions ont profondément changé,(…) que vos initiatives ne sont pas valorisées », le chef de l’Etat a promis aux enseignants « d’autres rendez-vous ».