Ils sont nombreux à avoir emboîté le pas de Laurence Juin, l’une des premières enseignantes à avoir pris conscience du potentiel pédagogique de l’outil de micro-blogging. Cette professeure d’histoire-géographie et de français en lycée professionnel a en effet depuis près de deux ans pleinement intégré Twitter à son enseignement. Aujourd’hui, même si les « Twittclasses » (1) restent relativement marginales (seules 72 « Twittclasses » francophones, de la maternelle à l’enseignement supérieur, sont référencées), un nombre croissant de projets pédagogiques se construisent autour du réseau social le plus actif du Web.

Twitter en primaire : un vecteur pour l’apprentissage du français

Jean-Roch Masson, instituteur de primaire à Dunkerque, expérimente depuis la rentrée 2010 l’utilisation de Twitter en cours, un « humble tâtonnement » pour l’instant, comme il le définit lui-même. Sur le fil de sa classe de CP (@classe_masson), les élèves sont invités à tweeter chaque jour autour d’une activité réalisée en classe : la résolution collective d’une énigme ou d’un problème mathématique posé par le professeur par exemple. Jean-Roch fait état d’un fort engouement des élèves pour l’outil : « La motivation de l’utilisation de Twitter fonctionne pleinement. J’exerce depuis 10 ans en CP, et c’est la première année que tant d’élèves veulent écrire. » L’initiative de Jean-Roch Masson a fait l’objet d’un reportage diffusé au JT de 20h sur France 2 :

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Amandine Terrier, professeur de CE2, CM1 et CM2, utilise également Twitter avec ses élèves, notamment lors des sorties scolaires, suite auxquelles les enfants peuvent tweeter leurs découvertes.

Twitter au collège et lycée : un moteur pour l’implication de l’élève

Laurence Juin est l’une des premières enseignantes à avoir expérimenté l’utilisation de Twitter en classe. Ses classes de bac pro sont sur Twitter depuis la rentrée 2009. Très vite, elle a intégré l’outil à sa pédagogie quotidienne. L’élève y devient acteur en tweetant sur le fil de la classe des informations et ressources complémentaires, pendant un cours magistral ou après le visionnage d’un documentaire par exemple. Pendant la diffusion de la pièce de théâtre Seznec, les élèves étaient ainsi invités à tweeter sous les hashtags #coupable ou #noncoupable, en développant leurs arguments dans les tweets.

Twitter dans l’enseignement supérieur : un outil de travail collaboratif

Dans l’enseignement supérieur, c’est l’aspect communautaire de Twitter qui constitue un atout non négligeable dans l’enrichissement du travail personnel des étudiants. A l’université de Lille 3, la promotion 2010 de Master SID  d’Eric Delcroix se servait de Twitter pour mutualiser les prises de notes sous un hashtag (2) commun (#internet2010). Eric espérait ainsi transcender les « sempiternels exposés, où trop souvent les étudiants écoutent mais restent relativement passifs et ressortent avec [son] seul avis sur certaines problématiques ! « . Twitter a aussi permis à des personnes extérieures à la classe de « suivre » l’exposé en direct et y apporter des compléments d’information (liens, ressources…). Eric Delcroix s’est exprimé sur cette initiative originale dans une vidéo postée sur le site de La Voix du Nord.

David Cordina, professeur de FLE à Lille 1 utilise également Twitter comme outil pédagogique de l’écrit pour sa matière depuis 2009. Il en a isolé deux principaux usages : la prise de notes collective sur un compte commun ( @flelille1) et l’accompagnement des étudiants au cours de leur stage, pendant lequel ils tweetent sous un hashtag commun (#DAE).

Twitter serait-il en passe de devenir l’outil incontournable des salles de cours? Les retours positifs des enseignants en Twittclasse semblent aller dans ce sens !