Théâtre jeunesse : « être étonnée par la singularité des auteurs, quitte à en être jalouse »

Les éditions Théâtrales Jeunesse sont une référence, et les oeuvres qu'elles publient sont lues et vues par des centaines d'élèves. Françoise du Chaxel, auteur, directrice de la collection, nous la présente et nous détaille sa partie pédagogique.

Pourquoi et comment sont nées les éditions Théâtrales Jeunesse ?

En 2001, les éditions Théâtrales, qui depuis 20 ans défendaient la dramaturgie contemporaine, diffusaient également le fonds de la belle collection « Très Tôt Théâtre » de Dominique Bérody, qui avait dû renoncer pour des raisons financières. Certains titres étaient épuisés et toujours demandés comme ceux de Bruno Castan et un de mes textes, que Dominique avait publiés. Un jour, Jean-Pierre Engelbach, directeur des éditions Théâtrales, m’a demandé si je pensais que c’était une bonne idée de créer une collection jeunesse et si j’accepterais de la diriger. J’étais surprise par sa demande, mais j’ai accepté bien sûr. Nous étions d’accord pour donner la priorité au texte sans lier sa publication à une mise en scène prévue et surtout pour faire découvrir la diversité et l’originalité des écritures pour la jeunesse, comme pour « les grands ». D’ailleurs nous savions que nous irions puiser dans la collection « Répertoire contemporain » de Théâtrales, ce que nous avons fait immédiatement avec Carlos Liscano (pour son texte « Ma Famille »).
Nous voulions une collection vivante, pas chère, toujours tournée vers l’avenir. Nous partions à l’aventure avec 6 titres d’Hervé Blutsch, Michel Marc Bouchard, Bruno Castan, Yves Lebeau, Carlos Liscano et Roland Shön, des auteurs qui pour nous étaient évidents. Beaucoup d’autres ont suivi. Nous venons de publier le 56ème volume.

A ce jour, combien avez-vous d’auteurs au répertoire et combien de traductions ?

Nous avons 26 auteurs (et une dizaine dans des collectifs) au répertoire dont 7 auteurs traduits (Daniel Keene, Mike Kenny, Carlos Liscano, Per Lysander, Suzanne Osten, Karl Valentin, Naomi Wallace).

Par an, combien de pièces nouvelles sont publiées et combien sont à l’affiche ?

Notre rythme de publication est de 6 textes jeunesse par an. On compte en moyenne une trentaine de créations par an de ces textes.

Vous proposez aussi des dossiers pédagogiques sur les pièces publiées. Comment sont-ils élaborés ?

Le carnet se compose de deux versants indissociablement liés : l’un pédagogique, selon une trame confiée à des enseignants rédacteurs ; l’autre, artistique, fruit d’une étroite collaboration avec les auteurs et les compagnies, qui dialoguent également avec le rédacteur. Pour la partie pédagogique, la rédaction de ces carnets a été confiée à des enseignants du primaire, du secondaire ou du supérieur (notamment Marie Bernanoce (1) ), tous spécialisés sur le théâtre, et ayant expérimenté avec les élèves l’ensemble des pistes qu’ils proposent dans ces carnets. Mais, il n’est point de démarche pédagogique efficace sans le partenariat artistique. On peut y trouver de nombreux éléments rédactionnels, iconographiques, voire audio et vidéo transmis par des compagnies ayant créé les textes. L’objectif de ce chantier mis en ligne en mai 2010 est d’équiper l’ensemble des textes de la collection Jeunesse de Carnets artistiques et pédagogiques en deux ans au minimum.

Vous-même, vous êtes auteur de la collection. Quelles sont vos œuvres phares et quels sont vos projets d’écriture actuels ?

J’écris en effet aussi pour la jeunesse, pour les adolescents surtout, c’est parce que un de mes textes, « L’Eté des mangeurs d’étoiles » publié par Dominique Bérody était épuisé, que cette collection est née, et je continue à aimer ces aventures que constituent cette folie d’écrire « pour », c’est-à-dire d’écrire pour que des adolescents jouent. Mais ce qui m’importe surtout, c’est de découvrir et d’accompagner des auteurs, d’être étonnée par leur singularité quitte à en être jalouse.

Et en tant que directrice de la collection, quels sont vos projets en cours ?

Nos projets n’ont pas varié. La collection se partage entre fidélité et découverte. Les deux faces de ce projet sont aussi passionnantes. Dans nos cartons il y a « Les Cahiers de Rémi » de Dominique Richard, mais aussi « L’Abeille » de Matt Hartley, un auteur anglais que nous venons de découvrir grâce à sa traductrice Séverine Magois.

Note(s) :
  • (1) Auteur de A la découverte de cent et une pièces, Répertoire critique du théâtre contemporain pour la jeunesse, Théâtrales / Scéren-CRDP de Grenoble, 2006

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1 commentaire sur "Théâtre jeunesse : « être étonnée par la singularité des auteurs, quitte à en être jalouse »"

  1. Dominique  4 juillet 2011 à 16 h 36 min

    L’Apprenti de Daniel Keene a été mis en scène par Alain Chaniot et sera notamment en tournée en Charente (Scène nationale d’Angoulême, L’Avant Scène à Cognac, La Canopée à Ruffec …) dans le cadre de Collège au Spectacle. Critiques presse, agenda de la trournée sur : http://www.lacompagniedusi.com.Signaler un abus

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