Près de 12% des élèves de CE2, CM1 et CM2 se déclarent victimes de brimades, coups ou insultes répétés à l’école. C’est ce qui ressort d’une enquête que l’Observatoire International de la violence à l’école présente aujourd’hui, mardi, à l’Unicef, à Paris.

Dans le détail, sur près de 12.000 élèves interrogés, 25% ont été injuriés « souvent ou très souvent », 20% ont été regardés aux toilettes, 17% ont été frappés par d’autres élèves, 14% ont été rejetés et autant ont été obligés de se déshabiller. Ces pratiques touchent davantage les garçons que les filles.

Pour Eric Debarbieux, directeur de l’Observatoire et auteur du rapport, « il n’y a pas de sentiment général d’insécurité à l’école. Mais il ne faut pas non plus minimiser le problème ».

Loin de n’être que des jeux d’enfants, ces violences peuvent en effet avoir des conséquences dramatiques pour les victimes : perte de confiance en soi, anxiété, décrochage scolaire, ou même troubles alimentaires, dépression, voire tendances suicidaires.

C’est dans ce contexte que Luc Chatel installe ce mardi, un Conseil scientifique contre les discriminations à l’école. Présidé par François Héran, ancien directeur de l’Institut national des études démographiques, il sera notamment chargé de la lutte contre le harcèlement scolaire. Objectif affiché par le ministre, interrogé sur RTL : « que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c’est un sujet tabou, on n’avait pas le droit d’en parler ».