Education nationale : la parité mise à mal ?

Alors qu’un rapport de la députée UMP Françoise Guégot tente d’imposer un quota de femmes dans les postes à responsabilité de la fonction publique, la pyramide hiérarchique de l’Education Nationale semble bien peu égalitaire…

Les préconisations sont ambitieuses : la députée UMP voudrait féminiser 40% des postes de direction. Avec seulement 10% de femmes à la présidence des universités, l’Education Nationale est loin du compte. Dans une fonction très féminisée comme l’enseignement, on ne retrouvait en effet que 9 femmes sur les 94 sièges des présidents d’universités en 2009.

Trop peu de femmes aux postes-clés

Aujourd’hui, cette « misogynie des dirigeants », selon les termes d’Anne-Marie Le Guevel (1), s’expliquerait principalement par la crainte que les impératifs d’une mère de famille empiètent sur sa vie professionnelle et diminuent sa disponibilité. Une enseignante d’histoire-géographie, mère, en a récemment fait les frais. S’étonnant de n’avoir pas été informée, comme tous ses collègues masculins, de la libération d’un poste en khâgne par un courrier de l’IPR, elle a reçu une réponse. En voici un extrait : « ce poste demande une énorme charge de travail très peu compatible avec le métier de mère de famille (même si les choses évoluent c’est très lent), je ne l’ai donc signalé qu’à des collègues hommes ou des collègues « femmes » sans enfant, c’est sûrement une vision très passéiste mais très réaliste. »

Dans son rapport, la députée UMP propose des aménagements censés faire évoluer les mentalités et éviter de telles situations. Par exemple, une « charte de gestion du temps » proscrivant les réunions avant 9h et après 18h, l’instauration d’un temps de télétravail, ou un partage simplifié du congé parental avec le père.

Une base très (trop ?) féminisée

Dans les postes d’enseignants du 1er et 2nd degrés en revanche, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes. Au Québec (où la proportion de professeurs masculins dans les écoles dépasse à peine 22%), le psychologue Egide Royer, professeur à l’université de Laval, milite même pour la mise en place d’une bourse annuelle de 1000 euros décernée aux meilleurs étudiants masculins des facultés d’enseignement universitaires (voir la vidéo).

Note(s) :
  • (1) Déléguée de la Cité de l'Architecture et du patrimoine

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