Pour une école ouverte sur les médias

La 22e édition de la Semaine de la presse et des médias se déroule du 21 au 26 mars 2011. Pour les élèves et leurs enseignants c’est l’occasion de mieux comprendre le monde de l’information. Le CLEMI propose une série d’opérations en partenariat avec 1885 médias et des pistes de travail pour la classe.

Des élèves aux commandes de France Info ? Le rêve pour certains est devenu réalité l’espace d’une semaine à La Cité des sciences. La chaîne d’information a en effet prêté son antenne à 9 classes de CM2, du 21 au 26 mars à l’occasion de la semaine de la presse. Objectif pour ces élèves venus des quatre coins de la France : décortiquer l’actualité et réaliser dans les conditions d’un direct un journal d’une dizaine de minutes.

Une offre variée pour les élèves

Cette expérience hors norme est l’une des nombreuses initiatives lancée par le CLEMI (1), à l’occasion de la Semaine de la Presse et des médias. Les inscriptions, ouvertes du 6 janvier au 5 février, ont attiré quelques 15 000 établissements scolaires. En tout, 1885 médias ont répondu présent à l’appel. Des chiffres en augmentation constante depuis 22 ans. Thème retenu cette année : « Qui fait l’info » ? Au menu, des offres très variées : accès gratuit aux sites d’information habituellement payants comme l’AFP (2), interventions de journalistes en classe, c’est le cas pour La Voix du Nord, publication d’articles, ou encore possibilité d’assister à une conférence de rédaction, celle du quotidien Libération par exemple.

Particulièrement adaptée au lycée, l’émission Arrêt sur image­ — diffusée désormais sur le net — propose, en plus d’un accès gratuit à son site pendant un mois, trois dossiers destinés à servir de support à la critique du traitement de l’information. Le groupe Bayard Presse organise des débats en région avec des journalistes de la rédaction de Phosphore, ainsi que des fiches pédagogiques sur le thème  « comment utiliser la presse magazine en classe, de la maternelle au CM2 ». L’Equipe reconduit son concours l’Equipe junior. But du jeu : réaliser un vrai journal sportif avec des classes de CM1, CM2, 4e, 5e, 6e.

Des initiatives toute l’année et pour chaque cycle

Pour les équipes qui souhaiteraient y participer mais qui ne sont pas inscrits, il n’est pas trop tard pour monter un projet. «  En général les projets des participants à la Semaine de la presse sont  portés par un documentaliste et plusieurs enseignants et demandent plusieurs mois de préparation. Mais on peut aussi lancer des initiatives moins coûteuses en termes de temps et d’organisation », affirme-t-on au CLEMI. C’est le cas  d’une professeur d’histoire-géographie et de lettres au Lycée de Perseigne, à Mamers (72). Au lendemain de la catastrophe qui a frappé le Japon, elle a fait travailler sa classe sur la notion de gestion du risque industriel, au programme en classe de seconde. «  Dès le 14 mars, je me suis donné deux axes de travail, l’un en géographie, l’autre en français », explique-t-elle.

En géographie, l’actualité a permis de procéder à un étude de cas de la situation au Japon. Au terme de cette analyse, les élèves ont synthétisé le fruit de leurs observations sous forme d’un schéma prenant en compte la catastrophe, les mesures de préventions, les prévisions et les conséquences sur l’environnement. Par ailleurs, l’enseignante a proposé une étude comparée de l’organisation secours au Japon et en Haïti par le biais de photos d’agence. Une tâche qui a permis aux élèves de mieux mesurer les écarts entre les pays du Nord et les pays du Sud en termes de gestion de crise. « Travailler sur l’actualité permet de donner une autre dimension aux disciplines que nous enseignons. Cela ajoute du sens, du concret. C’est plus stimulant » souligne l’enseignante qui a déjà un autre projet en tête : la gestion de la crise égyptienne.

Pour les adeptes du «  tout à la dernière minute » le CLEMI propose des ateliers « clés en main » visant l’éducation aux médias pendant ou en dehors de la Semaine de la presse et des médias. Exemple, le dossier « Japon 2011 » sur la page d’accueil du site. Les documents proposés donnent un exemple type de la manière dont circule l’information. Il permet de comprendre comment les médias ont rendu compte de la triple catastrophe qui a touché l’archipel japonais, des premières dépêches d’agences, à la disparition des « unes » au profit d’autres informations. Un dossier que l’on peut facilement raccrocher au programme de géographie ou de sciences et technologie au Cycle 3 par exemple. Soit dans le cadre d’une étude de cas de catastrophe naturelle, soit dans le chapitre sur l’énergie.

Par ailleurs, la rubrique « Ressources pour la classe » donne accès à la quarantaine de  d’activités pédagogiques transdisciplinaires. Le contenu peut être facilement raccroché à un point du programme ou au socle commun. La rubrique « Décryptage » réalisée en partenariat avec l’INA vise la critique et l’interprétation d’archives télévisuelles sur des thèmes aussi  variés que « la violence à l’école », « l’immigration », « le fait-divers »… Envie d’inviter un journaliste dans sa classe ? C’est également possible toute l’année. Il suffit de contacter le centre d’éducation aux médias du ministère de l’Education nationale  qui possède un répertoire de professionnels rompus à l’exercice.

Lætitia De Kerchove

Note(s) :
  • (1) Centre de liaison de l’Enseignement et des Médias d’information
  • (2) Agence France Presse

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