Le latin et le grec sont-ils appelés à disparaître des emplois du temps ?

Des effectifs en baisse, des créneaux horaires dissuasifs : les professeurs de latin et de grec dans les collèges et les lycées sont inquiets pour l’avenir de leurs matières. Un collectif d’associations de sauvegarde des lettres a envoyé au ministre de l’Education Nationale un communiqué réclamant des mesures.

Les politiques académiques sont-elles défavorables aux langues anciennes ? Si 500 000 élèves étudiaient encore le latin ou le grec dans des établissements secondaires à la rentrée 2011, les effectifs ont pourtant sensiblement diminué par rapport aux chiffres de 2010 : on recense 3000 latinistes et hellénistes en moins dans les lycées et 4000 dans les collèges. Cette baisse est communément justifiée par un désintérêt des jeunes élèves pour les langues dites « mortes », mais l’association « Sauver les lettres » dénonce plutôt une politique d’étouffement de ces matières par les chefs d’établissements.
Astreints par les contraintes budgétaires et dissimulés derrière l’autonomie de leur directeur, les établissements chercheraient en effet par tous les moyens à supprimer des sections.

Réduire artificiellement les groupes d’élèves

Alors, pour contrer la demande des élèves qui, contrairement à ce qui est annoncé, ne faiblit pas, le nombre de groupes de langues anciennes serait artificiellement réduit, notamment en réunissant dans la même tranche horaire les classes de 4e et 3e. Leur enseignement serait également mis en concurrence avec d’autres options, relégué à des créneaux horaires abusifs, et discrédité jusque dans son appelation puisque depuis la rentrée 2011, le latin et le grec sont désignés par « Langues et cultures de l’Antiquité« , un intitulé peu attrayant et qui entretient le flou sur l’enseignement qui s’y rattache.

Sans compter, souligne « Sauver les lettres », des réformes académiques restrictives : les baisses des dotations horaires, la concurrence des « enseignements d’exploration », en plus des suppressions de postes, auraient largement contribué à enrayer l’expansion des langues anciennes.

Le ministère de l’Education Nationale appelé à réagir

Dans un communiqué de presse daté du 15 mars 2011, « Sauver les lettres », associé à un collectif qui rassemble notamment l’APFLA-CPL, l’APL, l’APLAES et la CNARELA, s’est directement adressé au ministre de l’Education Nationale pour remédier à la situation. Il préconise dans un premier temps un complément de dotations horaires pour permettre aux établissements de programmer suffisamment de groupes de langues anciennes pour répondre à la demande. Il appelle également au respect des textes officiels qui fixent les horaires du latin et du grec. Il réclame enfin une reconsidération de la réforme de la classe de seconde, jugée favorable à l’érosion des effectifs, point sur lequel les compromis risquent d’être beaucoup plus difficiles à obtenir.

Le ministère de l’Education Nationale avait déjà été sollicité sur la sauvegarde des langues anciennes à l’école lors d’une pétition lancée en 2004 par huit associations d’enseignants de latin et de grec.

1 commentaire sur "Le latin et le grec sont-ils appelés à disparaître des emplois du temps ?"

  1. Philou  18 mai 2011 à 19 h 46 min

    Le latin et le grec apportent énormément ,mais les élèves comme les professeurs d’ailleurs, sont pénalisés par rapport aux autres, à cause des horaires.Signaler un abus

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