Japon : comment parler de la crise nucléaire aux enfants ?

Quand l’actualité surgit dans la classe, comment réagir ? La catastrophe sismique et nucléaire au Japon ravive cette interrogation.

Alors que les médias français relaient chaque jour les scènes de cataclysme du Japon, le regard des enfants face à cette crise pose question. Le flot d’images peut heurter les enfants, davantage sensibles au choc visuel.  Ce chaos suscite chez eux une incompréhension mêlée à un sentiment d’angoisse. D’où la nécessité du côté des enseignants comme des parents et journalistes d’encadrer ce public avec un discours pédagogique.
Pour la psychanalyste Claude Halmos, interrogée par LeJDD.fr, « Il faut favoriser la parole de l’enfant. Lui demander ce qu’il a compris et retenu des images vues lors du JT« . Mais elle ajoute qu’il faut encadrer et relativiser l’angoisse. Les parents doivent « apporter des informations complémentaires ». L’usage de croquis explicatifs permet ainsi de vulgariser la trame de cette tragédie. Car l’objectif prioritaire de ce discours pédagogique est d’éviter les sentiments de terreur très vifs dans l’imaginaire de l’enfant. « Ce défilé d’images doit interpeller l’enfant. Mais les parents doivent protéger sa sensibilité en lui disant : ‘ton lit ne bougera pas à cause du séisme’ », poursuit Claude Halmos.
Pour le pédopsychiatre Stéphane Clerget en revanche, « avant l’âge de 8 ans, l’enfant ne doit pas être confronté à ces scènes violentes. Pour éviter les terreurs nocturnes, mieux vaut bannir tout choc visuel « . Il conseille d’éviter l’émotion immédiate. « Une fois la crise japonaise surmontée, il sera temps pour les instituteurs de parler d’Hiroshima et de Marie Curie pour susciter cet éveil aux questions nucléaires. A chaud, il est impossible de s’extirper de l’émotionnel. C’est donc trop tôt pour aborder ces questions« , analyse le pédopsychiatre.
Les réponses sont différentes selon les niveaux de classe. Au collège et au lycée, des enseignants se saisiront de ces questions dans le cadre de leurs disciplines. Comme les coordinateurs du n° 477 des Cahiers Pédagogiques intitulé « Questions sensibles et sujets tabous » : « L’école n’est pas dans une bulle, assumons son ouverture au monde ».
Depuis le début de la crise, les médias destinés aux enfants font preuve de pédagogie. Registre strictement informatif, aucune évocation des décès : la ligne éditoriale de Le Petit Quotidien est limpide. « Nous faisons attention au choix des photos. On montre des images des dégâts mais pas de corps. Nous avons une responsabilité sur les images qui ne doivent pas angoisser le jeune public », a expliqué à l’AFP Olivier Gasselin, rédacteur en chef adjoint chez Play Bac. A chaque page, le vocabulaire spécifique au drame est expliqué « pour enrichir le vocabulaire des jeunes lecteurs et leur permettre une meilleure compréhension de l’actualité ». « La presse pour enfants a un rôle clé : donner des repères sans heurter », confirme Claude Halmos.

Source(s) :
  • Le JDD, AFP, Les Cahiers pédagogiques

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