La série STI se convertit au développement durable

Grenelle de l’environnement oblige, la filière STI (sciences et technologies industrielles) se réorganise autour des problématiques du développement durable. Les explications de Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO) au ministère de l'Education nationale.

Autrefois divisée en treize spécialités, la filière STI se transformera, à la rentrée 2011, en série STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) ne comptant plus que quatre spécialités. Pourquoi ce changement ?

Cette forte spécialisation limitait les possibilités d’orientation des élèves, dans le supérieur notamment. D’où une chute de 20 % des effectifs de la filière depuis dix ans, alors que notre pays a besoin de techniciens hautement qualifiés. Unanimement attendue, cette modernisation fait donc place à plus de polyvalence, afin de rendre son attractivité à l’enseignement technologique. En particulier auprès des filles, qui représentent moins de 10% du total, et des futurs ingénieurs. Mais les élèves, en effet, pourront faire leur choix entre quatre spécialités, complétant les enseignements transversaux : architecture et conception, énergie et environnement, innovation technologique et éco-conception, systèmes d’information et numérique.

Toutes intègrent les enjeux du développement durable…

Oui, puisque ceux-ci se placent aujourd’hui au cœur des préoccupations du monde industriel. Le Grenelle de l’environnement a mis en évidence l’opportunité d’en faire un levier de croissance. Au même titre que les impératifs de sécurité ou de fiabilité, les contraintes environnementales seront donc systématiquement prises en compte dans l’enseignement : de la conception des produits à leur recyclage, en passant par leur impact sur les écosystèmes. La politique éducative s’inscrit ainsi dans une logique d’évolution de la société, comme le prouve la référence au développement durable, dans le nom même de la série.

Avec quels débouchés pour les élèves ?

Les bacheliers technologiques industriels conserveront leurs débouchés actuels tout en élargissant leurs perspectives. Plus polyvalents, ils pourront accéder plus facilement à l’ensemble des formations supérieures courtes, Bac+2 à Bac+3. Grâce à une formation en mathématiques, en physique et en chimie plus équilibrée, ils pourront aussi envisager des études plus longues, jusqu’à Bac+5, et préparer les grandes écoles d’ingénieur.

Comment les professeurs sont-ils préparés à cette nouvelle approche ?

Un plan de formation d’une ampleur inédite a été conçu pour les enseignants de sciences et technologie industrielles, après presque vingt ans de statu quo dans les programmes. Il concernera quelque 7000 professeurs sur trois ans. Intégrant les problématiques du développement durable, il s’appuie en partie sur des méthodes de formation en ligne. Les séquences ont déjà débuté dans toutes les académies et des contenus sont disponibles sur une plate-forme nationale.

Une série : quatre spécialités

– Architecture et construction : analyse, conception et intégration dans son environnement d’une construction durable.

– Energie et environnement : gestion, transport, distribution, utilisation de l’énergie, dans une optique d’efficacité et de réduction de l’impact environnemental.

– Innovation technologique et éco-conception : étude de nouvelles solutions pour les produits manufacturés, intégrant les dimensions du design et de l’ergonomie.

– Systèmes d’information et numérique : de l’acquisition de l’information à sa restitution, toutes les facettes des systèmes virtuels, leur impact et l’optimisation de leur cycle de vie.

19 commentaires sur "La série STI se convertit au développement durable"

  1. un enseignant blessé  3 mars 2011 à 17 h 19 min

    Bonjour,
    Il faut savoir ce qui se cache derrière :
    – suppression d’un poste sur 3 d’enseignants en industriel.
    – Les séances en groupe réduite à peau de chagrin (vive l’enseignement de la technologie à 30 élèves par section à la place des 24 actuellement).
    – suppression des systèmes réels et des ateliers au profit de « simulation sur ordinateur ». Adieux les manipulations. Nous aurons donc des techniciens « simulés »
    – le plan de formation est une vaste plaisanterie. A titre d’exemple, je suis logiquement en formation lundi prochain. Vous savez qui assurera la formation ? Personne ! Il n’y a personne de prévu pour assurer les formations qui sont d’ailleurs extrêmement superficielles : 80 heures de formation pour devenir aussi compétent dans une discipline quant on a été recruté à bac + 5 dans notre discipline d’origine ! Je vais être un exécrable professeur ! l’éducation nationale invente le niveau taxonomique zéro : « le professeur a entendu parler de ». Quant au contenu de la formation en ligne, elle est complètement inadaptée.
    – Je vais enseigner une heure de cours de technologie en anglais. J’ai eu 05/20 au bac et pas de formation depuis. Ça va être beau !
    La technologie en lycée s’apprête à vivre des jours douloureux…Signaler un abus

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  2. Droit de réponse  4 mars 2011 à 16 h 24 min

    Comment peut-on laisser passer de tels propos?
    Cette réforme n’est pas unanimement souhaitée! Elle a été rejetée par deux fois par le CSE, et une fois par le CIC qui représente le monde de l’industrie. Elle est rejetée par la grande majorité du monde enseignant. Effectivement une réforme est souhaitée, mais pas celle-ci…
    Quant aux actions de formation, elles sont a minima quand elles ne sont pas tout simplement inexistantes. Elles ne sont en plus absolument pas adaptées à l’immensité de la réforme envisagée. Les professeurs de l’enseignement technique ont été recrutés à partir de disciplines qu’ils maîtrisent et qu’ils savent transmettre. On leur demande à présent d’être omniscient et multi-polyvalent dans l’immense champ disciplinaire qu’est la technologie avec une formation au rabais. Comment être performant dans l’enseignement de l’architecture ou de l’électronique quand ce sont des domaines que nous n’avons jamais étudiés? Comment croire qu’une formation de six ou dix heures en électronique peuvent remplacer plusieurs années d’étude?
    Les élèves qui venaient en formation technologique, par l’approche pédagogique qui était proposée, reprenaient goût aux études, à l’envie d’apprendre… Cela ne sera plus le cas!
    Cette réforme doit entrer en vigueur en septembre 2011, et rien n’est fait pour que cela soit une réussite. Cet échec servira de fait à achever ce bel outil qu’était l’enseignement technique.
    Un professeur blessé par ces propos…Signaler un abus

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  3. Jo Rabbit  4 mars 2011 à 17 h 15 min

    Prenons les choses par le bon bout. La désaffection des filières n’est pas la cause de la réforme, mais l’aboutissement de l’abandon depuis 1992 par l’État des filières technologiques. Comment peut-on enseigner avec crédibilité des techniques vieilles de 19 ans sans provoquer un « désintérêt » des élèves ?

    L’enseignement technique coûte cher et sa suppression entraînera des économies certaines à court terme.

    Que penser du ministre Besson qui veut maintenir le tissu industriel français alors que dans le même temps on saborde l’enseignement technologique. Il y a le discours d’un côté et la réalité qui est elle aux antipodes du discours.

    Le plan de formation d’une ampleur inédite, sur le papier sûrement, dans la réalité, mes formateurs sont très souvent des titulaires en zone de remplacement qui ont tout au plus une semaine d’avance sur les profs formés. 70 logiciels utilisables « gratuits » pour 36 semaines de cours… Quant à la finalité de la réforme, elle est tellement claire qu’à part supprimer des postes d’enseignants, personne ne comprend où on va.

    Certains proviseurs refusent de mettre en place cette réforme arguant l’aspect bâclé de cette réforme.

    Une dernière pour rire, les profs du technique vont devenir multi-profs puisqu’ils vont enseigner les maths, la physique, la techno, la SVT en collège et et et l’Anglais…

    A part ça, tout va bien…Signaler un abus

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  4. un enseignant en colère  4 mars 2011 à 18 h 08 min

    « Cette forte spé­cia­li­sa­tion limi­tait les pos­si­bi­li­tés d’orientation des élèves, dans le supé­rieur notam­ment.  »

    C’est faux ! je suis moi même enseignant en STI et j’ai passé un bac F2 puis un BTS. Un ami agrégé de Génie Electrique a commencé par un BEP. Toujours à mon époque, les écoles d’ingénieur ouvraient de plus en plus leurs portes à ceux qui ont obtenu un DUT. J’ai beaucoup d’autres exemples …
    Ce monsieur n’a aucune idée de ce que l’on enseigne et la manière dont on enseigne dans la filère STI (ce qui aussi est le cas de beaucoup de nos collègues). Il ne fait que répéter ce qui est marqué dans les diaporamas de l’inspection générale. Un enseignant d’une école d’ingénieur (une ENI) me faisait la remarque à propos de la grande autonomie dont les élèves de STI et de S option SI, font preuve par rapport aux autres qui sont encore trop scolaires.
    De plus l’inspection nous a clairement fait comprendre que si on veut pérenniser la filière technique, il faudra augmenter les effectif de 35% quitte à les prendre à d’autres filières comme la STG par exemple.
    Il faut bien comprendre que cette réforme est une réforme purement comptable et rien d’autre.Signaler un abus

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  5. clintmattei  4 mars 2011 à 18 h 09 min

    je me permets de vous écrire quant à l’inquiétude des physiciens appliqués .
    Le nouveau programme de STI exclut quasiment tout enseignement de l’électricité dans le domaine de la physique. Quelle en est la raison ?
    Pourtant, au regard du collège, l’électricité est un chapitre important dans les classes de cinquième à troisième. Elle disparaît totalement en physique dans les secondes générales et quasiment dans les classes supérieures ( STI, STL ,S).

    L’enseignement de l’électricité ne pourra être effective qu’en post-bac .J’avoue être totalement perdu dans ce choix de programme. Rien n’empêcher d’élaborer un programme contenant de l’énergétique, de l’électricité ( moteurs électriques) associés aux nouvelles énergies ( éolienne, solaire….).Le mariage rêvé entre l’électrotechnique, l’électronique,l’énergétique et les nouvelles énergies n’aura pas lieu.

    Nos inspecteurs nous indiquent que « seule la méthode d’enseignement est importante , les connaissances peuvent toujours être acquises , un scientifique l’est pour toutes les sciences , mutualisez les connaissances , utilisez l’outil internet ».
    Permettez moi un désaccord avec cette réflexion. Nous avons fait un choix de matières dans nos études , nous avons délibérément choisi celles-ci en fonction de nos affinités .
    Pour ma part la chimie n’en faisait pas parti .Ma crainte c’est de perdre toute envie de transmettre après 17 ans d’enseignement.Signaler un abus

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