Autrefois divisée en treize spécialités, la filière STI se transformera, à la rentrée 2011, en série STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) ne comptant plus que quatre spécialités. Pourquoi ce changement ?

Cette forte spécialisation limitait les possibilités d’orientation des élèves, dans le supérieur notamment. D’où une chute de 20 % des effectifs de la filière depuis dix ans, alors que notre pays a besoin de techniciens hautement qualifiés. Unanimement attendue, cette modernisation fait donc place à plus de polyvalence, afin de rendre son attractivité à l’enseignement technologique. En particulier auprès des filles, qui représentent moins de 10% du total, et des futurs ingénieurs. Mais les élèves, en effet, pourront faire leur choix entre quatre spécialités, complétant les enseignements transversaux : architecture et conception, énergie et environnement, innovation technologique et éco-conception, systèmes d’information et numérique.

Toutes intègrent les enjeux du développement durable…

Oui, puisque ceux-ci se placent aujourd’hui au cœur des préoccupations du monde industriel. Le Grenelle de l’environnement a mis en évidence l’opportunité d’en faire un levier de croissance. Au même titre que les impératifs de sécurité ou de fiabilité, les contraintes environnementales seront donc systématiquement prises en compte dans l’enseignement : de la conception des produits à leur recyclage, en passant par leur impact sur les écosystèmes. La politique éducative s’inscrit ainsi dans une logique d’évolution de la société, comme le prouve la référence au développement durable, dans le nom même de la série.

Avec quels débouchés pour les élèves ?

Les bacheliers technologiques industriels conserveront leurs débouchés actuels tout en élargissant leurs perspectives. Plus polyvalents, ils pourront accéder plus facilement à l’ensemble des formations supérieures courtes, Bac+2 à Bac+3. Grâce à une formation en mathématiques, en physique et en chimie plus équilibrée, ils pourront aussi envisager des études plus longues, jusqu’à Bac+5, et préparer les grandes écoles d’ingénieur.

Comment les professeurs sont-ils préparés à cette nouvelle approche ?

Un plan de formation d’une ampleur inédite a été conçu pour les enseignants de sciences et technologie industrielles, après presque vingt ans de statu quo dans les programmes. Il concernera quelque 7000 professeurs sur trois ans. Intégrant les problématiques du développement durable, il s’appuie en partie sur des méthodes de formation en ligne. Les séquences ont déjà débuté dans toutes les académies et des contenus sont disponibles sur une plate-forme nationale.