Pascal Maillard est professeur de littérature à l’Université de Strasbourg, membre de Sauvons l’université et du groupe de recherche POLART (Poétique et politique de l’art). Il s’attaque sur Mediapart , avec ses outils de littéraire, à un concept de taille, soubassement sémantique selon lui de toute la politique du supérieur actuelle : l’excellence.

Jamais l’excellence et son préfixe suffixé Ex n’ont été autant acclamés, observe-t-il ainsi. « Des linguistes facétieux du Ministère ont même suffixé le préfixe pour inventer les acronymes des trois appels à projets : LabEX, EquipEX et IdEX. » Dans le cadre du Grand emprunt en effet, on rencontre trois types d’appels à projets : les « Equipements d’excellence », les « Laboratoires d’excellence » et les « Initiatives d’excellence ».

Pascal Maillard indique également qu’ »‘aux campus d’excellence’ ont succédé les ‘Initiatives d’excellence’ chargées de faire naître des ‘pôles d’excellence' ». Les enseignants-chercheurs peuvent également toucher une « Prime d’excellence scientifique »(PES), tandis que des « chaires d’excellence » sont attribuées aux meilleurs chercheurs mondiaux.

L’enseignement secondaire n’est pas épargné, puisque les « internats d’excellence » ont fait leur apparition. On envisage même, ajoute enfin Pascal Maillard, de faire de l’apprentissage « une filière d’excellence »…

L’Excellence, Excessif prétExte ?