Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à la journée de la gentillesse ?

Nous avions constaté qu’il y avait de plus en plus d’agressivité et de manque de respect entre les élèves. Quand nous avons reçu l’invitation à participer à la journée, nous nous sommes dit que cela pouvait être une bonne idée. J’ai donc réuni les délégués de classe. Les professeurs étaient également partants, au point que le principe a ensuite été élargi, pour se transformer en projet pour l’année.

Comment la proposition a-t-elle été accueillie par les collégiens ?

Très bien, contrairement à ce que l’on aurait pu redouter. C’est vrai que, quand on parle de la gentillesse, tout le monde sourit un petit peu… Les élèves nous ont aussi tout de suite demandé si les profs allaient être plus gentils et moins les sanctionner… Mais, passée cette première réaction, et en leur expliquant, ils se sont rendu compte qu’ils étaient de plus en plus fréquemment victimes et/ou auteurs de violence, notamment verbale, et que cela créait des conflits. En plus, les délégués ont bien fait leur travail. Ils ont su présenter l’opération comme il le fallait auprès de leurs camarades.

Concrètement, comment la journée s’est-elle passée ?

Nous étions tous habillés en blanc et nous avions créé différents badges, portant des noms se rapportant tous à la gentillesse. A l’entrée du collège, avec les parents d’élèves, nous les avons distribués. Tous les élèves et enseignants dont le badge portait le même nom devaient ensuite se rencontrer, faire connaissance… En parallèle, les classes avaient créé des affiches avec des slogans sur la gentillesse qui étaient placardés dans l’établissement. Nous avons également profité de la journée pour récupérer des livres en faveur du Secours populaire et des lunettes pour l’Afrique. Ces collectes se sont prolongées pendant un mois. D’ici la fin du trimestre, toujours avec les délégués, nous allons mettre en place une journée contre les discriminations.

Cette journée a-t-elle eu des effets durables, l’ambiance a-t-elle changé dans le collège  ?

Tout ce que l’on peut faire dans un établissement scolaire contribue à améliorer l’ambiance. A l’occasion de la journée de la gentillesse, nous avons également lancé une opération de parrainage, qui a plus ou moins pris. Au moment des conseils de classe, nous avons proposé aux élèves en difficulté, en particulier à ceux de 6e, des parrains de 3e. Mais nous n’en sommes qu’au démarrage. J’ai quelques élèves de 6e qui me posent encore problème, et j’ai commencé à regarder ma liste de parrains pour essayer de les mettre en contact. Pour revenir à l’ambiance, il y a moins de tension. Mais je pense que cela ne tient pas uniquement à la journée de la gentillesse. C’est  la conséquence de ce que nous proposons toute l’année.

Renouvellerez-vous l’expérience cette année ?

Cela ne fait aucun doute ! Le projet est engageant, les élèves s’y sentent bien, et nous allons réfléchir pour proposer des idées nouvelles. Nous en avons déjà, qui n’ont pas pu être complètement exploitées. Nous mettrons par exemple en place dès la rentrée un  « permis à points gentillesse ». Tous les élèves partiront avec 20 points. Chaque incivilité leur en fera perdre et il sera possible d’en récupérer en effectuant des tâches d’intérêt général. L’objectif, sans doute un peu utopique, étant que chacun termine l’année avec tous ses points !