Déstabilisation, anxiété, baisse d’attractivité

Pour Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA-Éducation, la masterisation a eu trois principaux effets néfastes : « déstabilisation » des jeunes, « anxiété » des personnels, « déficit d’attractivité » pour le métier d’enseignant. Selon une enquête interne menée par le SE-UNSA auprès des enseignants stagiaires des premier et second degrés(1), 8% d’entre eux envisagent de démissionner. Rapporté à l’effectif total cela pourrait représenter 1.200 démissions, soit dix fois plus que l’an passé. Dans le même temps, une enquête parallèle menée auprès des formateurs révèle que 33% d’entre eux ne comptent pas reconduire l’expérience de formateurs ou tuteurs l’an prochain. Avec eux, « les piliers sur lesquels s’appuient l’année de formation sont en train de vaciller ».

Surinvestissement des personnels

L’UNSA-Éducation annonce la véritable catastrophe pour 2011-2012. Patrick Roumagnac, secrétaire général du SIEN-UNSA explique que le pire a pu être évité cette année grâce au « surinvestissement de chacun des niveaux du système : des personnels d’encadrement, de tous les enseignants pour aider les jeunes, et de ces jeunes eux-mêmes qui débarquent dans des conditions épouvantables dans le métier et qui ne comptent pas leurs heures ». Mais cette situation a des effets « usants », d’où la « nécessité d’inverser le processus ».

La fédération a donc publié une liste de propositions ouvertes au débat sur un blog dédié : « Former des enseignants ». Elle propose notamment de déplacer les épreuves d’admissibilité au concours en fin de M1, pour en finir avec « la course d’obstacles » en deuxième année de master, et offrir plus de débouchés aux non-admissibles. Elle insiste également sur la nécessité d’une formation tout au long de la vie, « dont le ministère parle beaucoup sauf pour ses propres personnels », selon Luc Bentz, secrétaire national de l’UNSA-Éducation.