Quelles nouveautés pour les enseignants sur votre plate-forme ?

Comme d’habitude, ils peuvent y trouver des retours d’expériences, des textes de référence, des propositions de formations, quelque 200 outils pédagogiques et les coordonnées des associations qui peuvent les aider. Mais le site est en train d’évoluer. Nous cherchons à mieux faire le lien entre nos outils et les programmes scolaires, par exemple, pour aider les enseignants à aborder les thématiques choisies. Nous développons également les ponts avec les sites des associations de la plate-forme qui proposent souvent, elles aussi, des supports intéressants.

Quel écho le sujet suscite-t-il auprès du public ?

Les questions de solidarité locale et internationale font de plus en plus résonance chez les Français, chez les jeunes en particulier. Parce qu’elles les touchent désormais au quotidien, par leurs implications en terme de consommation, de droits de l’homme, de chômage ou d’exclusion, notamment.

Cette notion n’est-elle pas compliquée à enseigner aux élèves ?

Non, car l’actualité fournit de nombreuses occasions de l’aborder et il existe beaucoup de supports, d’outils pédagogiques, y compris pour les plus petits, destinés aux enseignants ou aux éducateurs. Ces derniers constatent même que ce sujet facilite l’implication des élèves en difficulté scolaire. De plus, il est interdisciplinaire : on peut faire des mathématiques avec les données du commerce équitable et travailler sur les représentations, en géographie, par le biais d’une carte du monde inversée… En mars, nous organisons justement une journée de débat ouverte aux enseignants sur cette problématique : « éducation au développement et à la solidarité internationale et programmes scolaires ». Elle sera présentée sur notre site.

Ne s’agit-il pas d’un sujet très politique ?

Bien sûr, puisqu’il a trait à la mondialisation, à la citoyenneté, à l’économie et à la politique étrangère. Mais comme il s’agit depuis toujours du domaine réservé du chef de l’Etat, les citoyens français en ont été écartés. Disposant de peu d’informations construites sur ce thème, ils se sentent peu concernés. Or, en démocratie, ils ont un droit de regard sur ces questions et un avis à apporter. L’éducation au développement et à la solidarité internationale est une éducation à la citoyenneté qui, dans ce contexte d’interdépendance, a forcément une dimension internationale. Notre objectif est de permettre à chacun de disposer de clefs pour décrypter ses enjeux.

Nadia Gorbatko