Le fait de n’évaluer les chercheurs qu’en fonction du nombre de leurs citations dans les revues les plus cotées (soit le fameux indice H) peut s’avérer peu fiable, met en garde l’Académie des sciences dans son rapport. Elle indique d’ailleurs qu’en termes de bibliométrie, des prix Nobel ou des médailles Fields seraient mal classés, ce qui est un comble ! (La Tribune, article déjà cité)

Le Monde de son côté publie aujourd’hui un article intitulé « Les chercheurs sont prisonniers d’une course à la publication », dans lequel trois chercheurs danois dénoncent cette dérive. La pression incessante exercée est terrible, et dans cette frénésie, il faut toujours publier plus. Mais pour les trois auteurs, « plus les universitaires sont poussés à publier, plus ils sont tentés de publier n’importe quoi ».

D’autre part, pour eux, cette course à la citation se fait au détriment du temps de la réflexion et de la concertation. Or, « la production du savoir académique s’appuie sur l’échange d’idées, qui est mis à mal par cette obsession pour la production d’articles ».

L’image d’un « génie isolé qui élabore sa pensée dans des conversations silencieuses avec les textes » n’aurait-elle pas fait son temps ?