Tunisie : Diplômés, étudiants et enseignants au coeur de la Révolution du Jasmin

Les jeunes diplômés ont été au coeur de la « Révolution du Jasmin » qui secoue la Tunisie depuis un mois. La Tunisie est le pays du Maghreb qui consacre le plus à l’éducation (7,2% du PIB, 18ème rang mondial) et forme chaque année quelque 80.000 diplômés du supérieur. Mais il n’y a que 20.000 postes à pourvoir, et le chômage fait des ravages.

Un diplômé du supérieur sur cinq n’a pas d’emploi. Les jeunes sont deux fois plus touchés par le chômage que le reste de la population (30% des 15-29 ans). Les jeunes diplômés ressentent d’autant plus durement la corruption et la hausse du coût de la vie. Mohamed Bouazizi, 26 ans, qui a initié le mouvement de protestation national en s’immolant par le feu le 17 décembre devant des bâtiments administratifs, était obligé de vendre à la sauvette des fruits et légumes pour vivre.

Le 11 janvier, alors que Tunis commence à être touchée par les émeutes qui ont suivi, les autorités ont décidé de fermer écoles et universités pour une durée indéterminée, notamment dans l’espoir de conduire les étudiants à quitter la capitale pour rejoindre leurs villes natales. Tunis abrite en effet plusieurs dizaines d’universités, fréquentées par des étudiants de tout le pays. Mais la mesure n’a pas calmé les jeunes manifestants.

Les enseignants n’ont pas été en reste. Ils ont répondu à l’appel d’un mouvement de grève dès le 7 janvier, quelques jours à peine après la réouverture des classes après les congés. Leur engagement a culminé le 13 janvier, quand le chercheur franco-tunisien Hatem Bettahar est mort sous les balles de la police lors d’une manifestation. Quelque 300 professeurs se sont alors réunis à la faculté de droit de Tunis, pour dénoncer « l’assassinat d’un confrère ». Ils ont ensuite manifesté à l’extérieur du campus contre la présence de forces de sécurité à l’université avant d’être dispersés par la police.

Mise à jour. Ce lundi 24 janvier était le jour de reprise offi­cielle des cours dans les mater­nelles, le pri­maire et pour les lycéens de terminale. Mais la reprise a été compromise par l’annonce d’une grève illi­mi­tée des ins­ti­tu­teurs, qui réclament le départ des anciens ministres de Ben Ali du gouvernement de transition.

Source(s) :
  • Le Monde - 15 janvier,
  • Liberation - 23 janvier,
  • Le Figaro - 12 janvier,
  • L'Express - 12 janvier,
  • Nord Éclair - 14 janvier,
  • Al Jazeera - 11 janvier,
  • Deutsche Presse-Agentur - 7 janvier,
  • AFP - 24 janvier

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