Au travers d’une quarantaine d’entretiens, tous aussi passionnants les uns que les autres, se dégagent plusieurs visions du monde, où chacun des auteurs se focalise sur un élément qui lui tient à cœur. Boris Cyrulnik se demande ainsi si l’on peut « se libérer de la violence », Jacques Lacarrière fait un « éloge de la lenteur », Marc-Alain Ouaknin pratique le « yoga juif », André Comte-Sponville affirme qu’il est possible de « vivre une spiritualité sans Dieu », tandis que pour Luc Ferry « les sociétés laïques ne peuvent faire l’économie du sacré ».

Marie-Madeleine Davy de son côté met en avant notre irrépressible « envie de merveilleux », enfin pour Jean-Pierre Vernant, nous recherchons « toujours l’invisible qui donne un sens à tout ».

Les analyses proposées, très différentes, courtes et accessibles, sont un régal de lecture et invitent à de multiples réflexions. Prenons l’exemple de l’entretien d’Yves Coppens. Il souligne que, grâce aux progrès de la connaissance scientifique, depuis le XXe siècle, « pour la première fois dans l’histoire, nous bénéficions de la connaissance de toutes les autres cultures, c’est-à-dire de la connaissance des milliards d’humains qui ont déjà vécu avec nous depuis trois millions d’années. » Ainsi, « une immense toile se tisse à travers l’espace et le temps entre toutes les cultures ». Pour Yves Coppens, notre époque est « une sorte de Renaissance », et « nous sommes en train de vivre un nouvel humanisme »

N’est-ce pas là une belle phrase à méditer ?